Le 6e Bataillon du R22eR
L'unité qui devait servir d'embryon au Régiment de Saint-Hyacinthe vit le jour à l'époque où les Féniens établis aux États-Unis menaçaient d'envahir le Canada. De fait, c'est le 8 juin 1866, un mois après l'échec qu'essuyèrent les membres de cette société secrète à la frontière ontarienne, qu'on autorisa la formation d'une compagnie de la Milice qui devait avoir son poste de commandement à Saint-Hyacinthe.
Trois ans plus tard, trois autres compagnies furent aussi levées : une première à Saint-Pie, une seconde à Saint-Simon et une troisième à Sorel. Ce sont ces trois compagnies et une quatrième mise sur pied en 1866 qui furent réunies le 24 mars 1871 pour constituer le Bataillon d'infanterie provisoire de Saint-Hyacinthe. Par la suite, deux autres compagnies, la première établie à Acton Vale et la seconde à Saint-Hyacinthe, vinrent s'ajouter aux quatre unités existantes pour former le 12 décembre 1879 un bataillon complet qui prit le nom de 84e Bataillon d'infanterie de Saint-Hyacinthe.
À cette époque, l'unité n'avait pas de quartier proprement dits. Fusils et équipements étaient remisés dans un endroit loué à cette fin. C'est ainsi que de 1897 à 1902 une salle de l'Académie Girouard servit d'arsenal au 84e Bataillon. La première réorganisation importante que subit le 84e Bataillon eut lieu en 1897. Le fait que seulement deux compagnies sur sept se trouvaient à Saint-Hyacinthe rendaient difficiles l'administration et le recrutement. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'en 1894 et 1895 on ne put organiser de camp d'été. Quelques années après sa nomination à la tête du Bataillon, le lieutenant-colonel Alphonse Denis résolut d'éliminer cette difficulté en demandant l'autorisation de transférer à Saint-Hyacinthe même les compagnies 2,3,4 et 6, et de faire de son bataillon une unité de ville. La permission lui fut accordée le 1er juillet 1897. Enfin, trois ans plus tard, on accepta aussi de changer le nom de l'unité qui devaient alors le 84e Régiment de Saint-Hyacinthe.
Tout au cours de son existence, le Régiment de Saint-Hyacinthe joua un rôle actif chaque fois qu'il y eut conflit. D'abord, en 1870 durant l'invasion fénienne, deux de ses compagnies servirent le long de la frontière américaine, à Saint-Armand, à Phillipsburg et à Pigeon Hill. Plus tard, en 1899, durant la guerre des Boers, cette unité fournit aussi quelques volontaires qui se rendirent à Halifax renforcer le Royal Canadian Regiment dont plusieurs hommes étaient allés servir en Afrique. Durant la Première Guerre mondiale, sa participation fut plus importante encore. Mis en service actif le 13 août 1914, tout en demeurant à Saint-Hyacinthe, il fut affecté à la défense territoriale. En outre, 90 de ses membres rejoignirent diverses unités appelées à servir outre-mer, et 40 se retrouvèrent sur la ligne de feu avec les 13e, 14e, 22e, et 5e Bataillon, de même qu'avec quelques autres unités. En août 1939, le Régiment fut mobilisé pendant quelques mois et, en 1942, il fut de nouveau mis en service actif et affecté à la défense de Terre-Neuve et des côtes de l'Atlantique. Entre-temps, on mettait sur pied un second bataillon de réserve. Tout comme la Première Guerre mondiale, plusieurs de ses membres servirent aussi avec les unités qui combattirent sur le continent européen de 1939 à 1945. Le Royal 22e Régiment, les Fusiliers Mont-Royal, le Régiment de la Chaudière et le Régiment de Maisonneuve comptaient alors des Mascoutains dans leurs rangs.
Après la Deuxième Guerre mondiale, le Régiment de Saint-Hyacinthe retourna à ses activités régulières comme unité de milice.
Le 2 février 1956, il est fusionné avec le Royal 22e Régiment pour devenir le 6e Bataillon avec son poste de commandement à Saint-Hyacinthe. En 1968, la compagnie B du 6e Bataillon est formé à Drummondville.
Depuis son intégration au sein du Royal 22e Régiment, le 6e Bataillon a constamment appuyé les 1er, 2e et 3e Bataillon du Régiment en fournissant du personnel en renfort au cours des missions pour le compte des Nations Unies, de l'OTAN ou tout simplement lors d'opérations domestiques.
Enfin en janvier 1998, l'unité était à nouveau mobilisée, pour l'opération RÉCUPÉRATION, cette fois à Saint-Hyacinthe à la suite de la tempête de verglas qui secoua tout le sud du Québec.
Le 6e Bataillon fournit toujours des renforts en personnel afin de supporter les unités de la Force régulières aux diverses missions internationales.