Le 3e Bataillon du R22eR

Celui qui eut la tâche de tracer la ligne de conduite de ce nouveau bataillon fut le lieutenant-général Henri Tellier, CM, DSO, CD. L'élan donné par ce premier commandant ne tarda pas à prendre forme le 9 décembre 1950. À partir d'un noyau formé des éléments des deux autres bataillons déjà existants, on mit sur pied les cadres qui allaient bientôt entrer en théâtre de guerre.  D'abord cantonné à Fort Lewis, dans l'état de Washington aux États-Unis, le 3e Bataillon revient durant l'été 1951 au Camp Valcartier après une courte escale à Wainwright en Alberta.

C'est le 21 avril 1953 que le 3e Bataillon remplace le 1er Bataillon afin de prendre position sur le front coréen. 

Le 27 juillet 1953, l'armistice est conclue entre les belligérants et ce n'est que le 14 avril 1954 que le 3e Bataillon quitte la Corée.

De l'automne 1953 à l'automne 1959, les trois Bataillons du Régiment se remplacent au Fort St-Louis près de Werl en Allemagne pour servir sous la bannière de l'OTAN.

En 1964, le 3e Bataillon devient une unité antichars. La compagnie B quitte le Canada en juin 1964, à titre autonome, pour servir au Fort-Anne en Allemagne avec la 4e Brigade d'infanterie canadienne.

De 1969 jusqu'au mois de juillet 1993, le 3e Bataillon tient garnison à la Base des Forces canadiennes à Valcartier.

D'octobre 1968  à septembre 1992, le 3e Bataillon se rend à cinq reprises à Chypre dans le cadre de la Force des Nations Unies chargée de maintenir la paix sur l'île.

En 1990, le 3e Bataillon participe à l'Opération SALON lors de la crise amérindienne à Oka au Québec.

Suite à la fermeture des bases canadiennes en Europe et à une restructuration des bataillons d'infanterie, le 3e Bataillon s'installe à Farnham en Estrie, et Longue-Pointe à Montréal; il prend alors la forme d'une unité composée de 10% de militaires de la Force régulière et de 90% de la Force de réserve, de là son appellation de Bataillon 10/90.

D'avril à octobre 1995, le Groupement tactique (GT) 3e Bataillon sert de nouveau sous la bannière des Nations Unies au sein de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) en ex-Yougoslavie. Il tient garnison dans la région de Visoko et Kiseljak, en Bosnie-Herzégovine. Le GT 3e Bataillon a été la dernière unité d'infanterie des Forces canadiennes à servir au sein de la FORPRONU.

À son retour de mission et suite à une nouvelle restructuration au sein de l'Armée, le 3e Bataillon est réactivé avec des effectifs composés uniquement de membres de la Force régulière. Le 1er avril 1996, le Bataillon prend alors la forme et l'appellation de «Bataillon d'infanterie légère» et est initialement installé dans les bâtiments du Centre de recherches pour la défense Valcartier.

En avril 1997, le Bataillon se déploie à Haïti dans le cadre d'une autre opération sous la bannière des Nations Unies. Les membres de l'unité assument des tâches de protection de points vitaux, tel le palais présidentiel, et exécutent des patrouilles dans tout le pays.

Le 8 janvier 1998, l'unité est déployée en toute hâte dans le secteur de Montréal et de la Montérégie afin de soutenir les autorités civiles aux prises avec une tempête de verglas sans précédent.

De septembre 1999 à mars 2000, un groupe compagnie du 3e Bataillon est déployé au Timor orientale (en Indonésie) afin de participer à une opération de restauration de la paix au sein d'une force multinationale sous commandement australien.

En mai 2001, le GT 3e Bataillon est formé et se déploie en Bosnie-Herzégovine avec la Force de Stabilisation de l'OTAN. La mission vise à maintenir un environnement stable afin que les éléments non militaires de l'accord de Dayton puissent être mis en application et ainsi maintenir la paix fragile qui persiste dans les Balkans.

De retour au Canada en octobre 2001, le 3e Bataillon continue à parfaire son entraînement afin d'être prêt pour toutes tâches qui pourraient lui être dévolues dans le cadre d'opérations de guerre ou autre que la guerre.

En septembre 2002, le 3e R22eR commence une autre montée en puissance afin d'être déclaré prêt pour servir dans le cadre de la force de réaction immédiate (terre) de l'OTAN à partir de juillet 2003. Par contre, en mars 2003, le mandat du 3e bataillon change complètement avec la confirmation de la participation des FC en Afghanistan. Après plusieurs mois d'entraînement, au mois de février 2004, le Groupe bataillon 3e R22eR se déploie à Kaboul pour l'OP ATHENA ROTO 1. Oeuvrant à l'intérieur de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN, le GB a pour mission de maintenir un environnement stable et sécuritaire à l'intérieur de son secteur de responsabilité afin de permettre une transition saine de l'autorité transitoire afghane.

Le 3e Bataillon revient de mission au mois d'août 2004. L'entraînement se poursuit à bas niveau afin de ne pas perdre l'expérience et l'expertise acquises lors du déploiement. Par contre, pour l'instant, la priorité demeure l'instruction individuelle et les cours de carrière.