Le 2e Bataillon du R22eR

Historique

Le 1er juin 1945, un Bataillon connu sous l’appellation du “1st Battalion 3rd Canadian Infantry Regiment” a été créé pour le service avec la force du Pacifique.

Lors de la dissolution de cette force, le 2 septembre 1945, l’unité est devenue “2nd Battalion, Royal 22e Regiment”.  Ce Bataillon est devenu le Royal 22e Régiment le 30 septembre 1946.

En août 1950, le Canada forme un contingent spécial et contribue à la force armée des Nations Unies qui lutte en Corée du sud afin de repousser l’invasion communiste nord coréenne.  Un deuxième Bataillon du Royal 22e Régiment est levé et commence son entraînement à Valcartier.  Le 2e Bataillon s’embarque pour la Corée au milieu d’avril 1951. Le 20 mai 1951, le 2e Bataillon est groupé sur les rives de la rivière Han et, le lendemain, il forme la pointe d’une puissante poussée en direction du 38e parallèle.

Le 21 novembre 1951, le 2e Bataillon effectue une relève avec une unité de l’Armée britannique, le King’s Shopshire Light Infantry. La compagnie D est installée sur une sellette basse entre la colline 355, à droite, occupée par les Américains et la colline 227, à gauche, inoccupée.  Vers 15 h 00 le 22 novembre, les Chinois entreprennent un bombardement intensif de la colline 355, qu’ils font porter jusqu’au secteur défendu par le 2e Bataillon et tout particulièrement par la compagnie D.  Les obus et les roquettes tombent pendant toute la nuit.  La pluie se change en neige et le terrain se transforme en boue, ce qui rend extrêmement difficile le travail des sapeurs pour maintenir les voies d’accès aux compagnies assaillies.

Le 23 novembre, l’ennemi accélère le tir d’obus et de roquettes, c’est “l’enfer sur terre”.  En fin d’après-midi, la colline 355 est prise d’assaut, deux compagnies chinoises se portent sur la gauche de la compagnie D, les membres du peloton 11 débordés rejoignent le peloton du centre, soit le peloton 12, sous le commandement du lieutenant Mario Côté. Le lieutenant Côté les encourage, tout en se préparant à recevoir les Chinois.

Malgré la horde qui déferle, Côté contrôle sa bataille d’une main de fer, il est partout.  Il protège le centre et le flanc gauche.  Le peloton 10, qui se trouve à la droite, sous le commandement du lieutenant Walter Nash, subit lui aussi un assaut féroce, tout en assurant la défense du flanc droit, il doit se rapprocher du peloton du centre.  À la fin de la journée, la compagnie D tient toujours le terrain et le défend avec vaillance.  La colline 227, qui était inoccupée, tombe aux mains des Chinois et les Américains abandonnent rapidement la 355.  La situation est précaire pour la compagnie D et le 2e Bataillon qui sont maintenant presque encerclés.

Au cours des nuits du 23 au 24 et du 24 au 25 novembre, les tirs d’artillerie et les attaques se poursuivent avec une intensité accrue sur les deux fronts et la colline 355 passe des  mains des Chinois à celles des Américains.  Les 24 et 25 novembre, la compagnie D subit, à plusieurs reprises, les attaques des hordes communistes chinoises.  Dans la soirée du 25 novembre, après quatre jours et quatre nuits de bombardements continuels d’obus et de roquettes, la colline 355 était à nouveau aux mains des Américains grâce au 2e Bataillon du Royal 22e Régiment, qui malgré un état d’épuisement presque total, défend toujours son terrain.

Le 2e Bataillon a connu et soutenu les combats les plus difficiles du Régiment sur ce théâtre d’opération.  Parmi ces combats, la bataille de la colline 355 est certes, la plus sanglante qu’ait connu le Régiment en Corée.  Entre le 22 et le 26 novembre, le Bataillon s’est fait tuer 16 hommes, 44 sont blessés et trois disparus.

Après la guerre de Corée, le 2e Bataillon a participé à un nombre important d’opérations au service de l’ONU, de l’OTAN et d’opérations d’assistance et d’aide au pouvoir civil.  Ainsi, le Bataillon s’est déployé à cinq reprises à Chypre, soit en 1969, 1971, 1975, 1981 et 1987.  Au pays, il a participé aussi au déploiement à Montréal, lors de la crise d’octobre 1970 jusqu’en janvier 1971.  Il a contribué aussi à assurer la sécurité des Jeux olympiques en 1976.  De septembre à décembre 1976, le Bataillon a fourni une aide aux pénitenciers fédéraux.  Le Bataillon s’est aussi déployé lors de la crise amérindienne à Oka, à l’été 1990.  De mai à novembre 1993, le Bataillon, constitué en Groupement tactique, s’est déployé en Bosnie-Herzégovine, en ex-Yougoslavie, dans les secteurs de Visoko, Kiseljak et Srebrenica.  Il déplore, lors de cette opération, un mort et une demi-douzaine de blessés suite à des tirs hostiles.  D’avril à septembre 1995, le Bataillon retourne en ex-Yougoslavie, déployé cette fois en Croatie, dans le secteur de Rastevic.  En avril 1997, il a participé à l’Opération ASSISTANCE dans le cadre de l’effort d’aide aux sinistrés de l’inondation dans la région de Winnipeg pour ensuite être redéployé, quelques mois plus tard, d’octobre à décembre 1997, à Haïti.  En janvier 1998, l’unité est de nouveau mobilisée, pour l’Opération RÉCUPÉRATION, cette fois à Montréal à la suite de la tempête de verglas qui secoua cette partie du Québec.  Enfin, de mars à octobre 2002, le Bataillon, constitué de nouveau en Groupement tactique se déploie en Bosnie-Herzégovine avec la Force de Stabilisation de l’OTAN.  La mission consiste à maintenir un environnement stable afin que les éléments non militaires de l’accord de Dayton puissent être mis en application.  L’arrivée du nouveau véhicule blindé léger de troisième génération (VBL III) en avril de la même année marquait une nouvelle direction.  Le Bataillon a été désigné comme première unité au sein du Secteur du Québec de la Force terrestre à employer ce véhicule.

En sept 2004, le Bataillon a débuté sa montée en puissance au sein du nouveau concept du plan de la gestion de disponibilité opérationnelle de l'Armée de terre.  La période de haute disponibilité opérationnelle a débuté le 1er déc 2005 et s'est terminée en mai 06.  En juillet 2006, le 2e Bataillon verra plusieurs de ses membres déployés en Afghanistan.