L’origine
Le drapeau consacré est la possession la plus précieuse d'une unité. La Souveraine ou le Gouverneur général ou alors le représentant de ce dernier présente personnellement le drapeau consacré.
Traditionnellement, le drapeau consacré constituait le point de ralliement pour les régiments de l'armée sur la ligne de bataille. De nos jours, il n'est plus arboré au combat ni utilisé sur un théâtre d'opérations. Toutefois, il symbolise la fierté et l'honneur d'une unité et son dévouement à la Souveraine et au pays.
Le drapeau est consacré au moment de sa présentation par l'aumônier général et par l'aumônier de l'unité. Lorsque l'aumônier général ne peut assister à la cérémonie, il désigne personnellement un aumônier pour officier à sa place. Le drapeau est ainsi consacré et devient un symbole de l'honneur et du sens du devoir militaire. Par la cérémonie de consécration du drapeau consacré, tous les membres de l'unité, quel que soit leur groupe professionnel, renouvellent leur engagement à toujours servir avec dignité et dévouement. Une fois consacré, le drapeau consacré est gardé avec soin et lorsqu'il est dégainé, il est honoré par le témoignage du respect approprié. Il faut éviter à tout prix que le drapeau consacré ne tombe aux mains de l'ennemi. Le drapeau consacré ne doit pas être emporté outre-mer pendant les opérations actives, y compris celles des Nations Unies et de l'OTAN, les opérations internationales et autres opérations de maintien de la paix. Les unités en service à l'étranger, au début des hostilités, doivent retourner leur drapeau consacré au Canada. En cas de risque de capture par l'ennemi, le drapeau consacré doit être détruit.
Donc, les drapeaux consacrés sont un signe symbolique de ralliement. En vérité, les drapeaux servaient à l'origine à marquer l'endroit où se tenait le chef autour duquel on devait se rallier. Ils consistaient en une pièce d'étoffe attachée à une lance. Les nobles y brodèrent leurs blasons, les nations, leurs couleurs. Les régiments suivirent cet exemple de façon distincte en y ajoutant leurs écussons et, plus tard, en y inscrivant le nom des batailles dans lesquelles ils s'étaient distingués.
Il est probable que le premier drapeau à flotter sur le territoire, qui forme maintenant le Canada, fut le drapeau anglais du XVe siècle, la Croix de St Georges. Jean Cabot, navigateur vénitien au service de l'Angleterre, arborait les couleurs anglaises lorsqu'il atteignit l'Amérique du Nord dans les dernières années du XVe siècle.
Néanmoins, c'est à un drapeau royal de la France que revient l'honneur d'avoir flotté le premier sur les établissements du Canada. Lorsque Jacques-Cartier mit pied à terre à Gaspé, lors de son premier voyage en 1534, il planta ce drapeau en sol canadien.
Au XVIIe siècle, les régiments d'infanterie se reconnaissaient par des couleurs particulières. Les parements des uniformes ainsi que le drapeau ou la bannière étaient de la même couleur. Ceci permettait l'identification par chaque soldat et le drapeau servait de point de ralliement au cours des combats. Il était donc de la plus haute importance pour chaque homme de connaître le drapeau de son régiment afin de le prendre comme point de repère au cours des engagements.
Afin de familiariser les militaires de l'unité avec leur drapeau, on le faisait défiler dans les rangs. Le drapeau du régiment avait donc un rôle bien défini à jouer lors d'un combat. La bataille se déroulait entièrement autour de lui, s'il allait de l'avant, les hommes le suivaient et s'il revenait vers l'arrière, les hommes faisaient de même. La capture du drapeau était non seulement une disgrâce, mais signifiait ordinairement la défaite car, sans ce pivot central, l'unité perdait sa cohésion. Le drapeau était donc gardé avec la plus grande vigilance et, dans la plupart des cas, une escorte était chargée spécialement de sa protection. C'est pourquoi il demeure l'objet de tant de vénération. On préférait mourir plutôt que de le voir capturer par l'ennemi.Au cours des XVIIe et XVIIIe siècle, lorsqu'un bataillon défilait, on rendait honneur au drapeau. De plus, avant de rompre les rangs pour retourner aux quartiers, on le paradait dans les rangs.
Aujourd'hui, un régiment d'infanterie canadien possède deux drapeaux, soit le drapeau Royal et le drapeau Régimentaire. Le drapeau Royal prend le nom de «drapeau du Roi» ou «drapeau de la Reine» selon le monarque du temps.
Pendant la vie d’un drapeau, trois cérémonies se déroulent : consécration, présentation et mise en réserve ou dépôt. À cause de ce que représente le drapeau, ces cérémonies sont toujours tenues, habituellement en plein air, avec dignité et révérence et avec la précision militaire et l’apparat d’usage.
- A-AD-200-000/AG-000, Les décorations, drapeaux et la structure du patrimoine des Forces canadiennes, édition du 4 janvier 1999. Chapitre 6