La Grande tenue régimentaire et le bonnet de poil

Lorsque le Royal 22e Régiment devint une unité de la milice active permanente au Canada, en 1920, l'uniforme de base était la tenue de campagne kaki du modèle britannique 1914-18. En 1927, la grande tenue fut adoptée ajoutant ainsi de la couleur aux prises d'armes. Elle fut portée pour la première fois en 1927 lorsqu’un contingent canadien formé du Royal 22e Régiment et du Royal Canadian Regiment se rendit au cimetière d’Arlington (Washington, DC) à l’occasion du dévoilement et de la consécration de la Croix du Sacrifice.

La première coiffure de grande tenue fut le casque blanc Wolseley à pointe et mentonnière de laiton et à turban rouge et plaque régimentaire. Lorsque le Régiment fut affilié au Royal Welch Fusiliers, en novembre 1927, le casque Wolseley fut remplacé (1928) par un bonnet en peau d'ours garni d'un plumet rouge sur le côté gauche et d'une mentonnière en laiton. La première apparition des membres du Régiment portant la grande tenue avec bonnet à poil fut à l’occasion du dévoilement d’une plaque commémorant la Confédération et relatant les exploits du Royal Fusilier qui défendit la Ville de Québec lors de l’invasion américaine au cours de l’hiver 1775-1776. Le bonnet à poil fut modelé sur celui que portaient les membres de la Brigade of Guards, eux-mêmes étaient inspirés de celui de la garde impériale de Napoléon.

Vers 1936, le lieutenant Snead Cox, officier du Royal Welch Fusilier et affecté au Régiment, constata que le plumet rouge dépassait de 7 cm env. Le sommet du bonnet à poil, ce qui n’était pas ce que la tradition anglaise permettait. En effet, selon cette tradition, la longueur indiquait en quelque sorte la séniorité de l’unité par rapport aux autres. Évidemment, ce que le Régiment ne détenait pas. Conséquemment, soucieux du respect des traditions, le lieutenant-colonel G.E.A. Dupuis, commandant du Régiment, fit réduire (ou couper) de 7 cm les plumets. 

La tenue écarlate des officiers est fermée par huit boutons régimentaires. Le pan arrière est agrémenté de taillades à trois pointes. Le haut du collet bleu foncé est orné de galon d'or d'une largeur de 1,25 cm ayant deux feuilles d'érable, queue à queue, estampées à tous les 2,5 cm et, à la base, un pique de soutache de Russie en or. Les parements en pointe bleu foncé sont brodés de galon d'or de 1,25 cm, également estampé de deux feuilles d'érable, queue à queue, à tous les 2,5 cm et un pique de soutache de Russie en or forme le noeud au-dessus de ce galon et un petit oeil en dessous. Les pattes d'épaules torsadées en or sont doublées d'écarlate et retenues par un petit bouton régimentaire.

Les pantalons de tissu bleu foncé, à passepoil écarlate, se portent avec les bottines Wellington noires. Les officiers portent l'écharpe cramoisie autour de la taille. Les bélières sont en galon d'or, sur maroquin rouge à boucles dorées.

La grande tenue des sous-officiers et des soldats est la tenue écarlate garnie de sept boutons, du modèle standard de l'infanterie et identique à la première tunique reçue par la milice canadienne au début des années 1880. Le haut du collet bleu foncé est liseré de blanc ainsi que des pattes d'épaules bleues. Les parements pointus bleu foncé sont ornés de passement blanc se terminant en nœud patte d'oie à la pointe. Le devant de la tunique est bordé de tissu blanc, alors que chacune des coutures du pan arrière est passepoilée de blanc à partir de la taille jusqu'au bas. Les pantalons bleu foncé, à passepoil écarlate cousu le long des coutures extérieures, se portent par-dessus des bottines noires. Les premières ceintures étaient blanches, à fermoir en laiton, en forme de serpent. La plaque du ceinturon régimentaire fut introduite plus tard. On porte des gants blancs pour les prises d'armes.

Les musiciens et les tambours portent la tunique écarlate des sous-officiers et des soldats avec des nids d'hirondelle écarlates, garnie de cinq bandes de galon blanc et bordé de la même couleur.