Le Drapeau Régimentaire

Le drapeau Régimentaire symbolise de façon très visible la fierté qu’éprouve un homme/femme à servir dans une unité dont la raison d’être est la valeur, les réalisations du Régiment, le tout figurant sur les décorations du drapeau évoquant les victoires remportées. Il existe une mystique du drapeau qui rappelle constamment à chaque officier, sous-officier et soldat à quel point il dépend de ses camarades d’armes, de sorte qu’il lui est extrêmement difficile au combat de faillir à son devoir et, le plus souvent, le porte à accomplir des exploits héroïques dont il n’aurait jamais rêvé.

Le premier drapeau Régimentaire



Peu de temps après sa formation, les dames de St-Jean confectionnèrent un drapeau Régimentaire pour le 22e Bataillon et, par la suite, le bataillon reçut, par l'entremise des magasins militaires, le pavillon Royal (Union Jack) qui devenait le premier drapeau Royal.

Ces drapeaux furent présentés officiellement au 22e Bataillon, le 3 mars 1915, à St-Jean, par Madame Alban Germain, agissant au nom de Madame Louis Coderre, épouse du Secrétaire d'état. Le colonel F.M. Gaudet, alors commandant du 22e Bataillon, en prit possession. Avant la bénédiction des drapeaux Royal et Régimentaire, l’Abbé Doyon prononça ces quelques mots qui furent l’une des sources de motivation des membres de l’unité nouvellement formée :

«...Il s'agit surtout d'une question d'existence nationale : pour les Canadiens-français, il s'agit d'une question de vie ou de mort comme entité nationale, comme nation sur le continent de l'Amérique du Nord. »

Au départ du 22e Bataillon pour Amherst, Nouvelle-Écosse, le 12 mars 1915, les deux drapeaux furent placés en sûreté à l'église Notre-Dame de Montréal.

À la formation du 22e Régiment, en 1920,  le lieutenant-colonel Henri Chassé voulut reprendre possession des drapeaux laissés à l'église Notre-Dame de Montréal mais il essuya un refus du curé.  Ce dernier, l'Abbé L. Perrin, prétendait que les drapeaux Royal et Régimentaire avaient été offerts à l'église et, de plus, avaient été consacrés et qu'ils devaient demeurer dans son église. Ce drapeau Royal ne devait jamais être retrouvé.

Vers 1957, à l'occasion de rénovations à l'église Notre-Dame de Montréal, tous les drapeaux qui s'y trouvaient furent transportés aux magasins du Régiment de Maisonneuve, au manège de la rue Craig à Montréal. Ce n'est qu'en 1959 que l'on identifia le drapeau Régimentaire du 22e Bataillon et qu'on le rapporta à La Citadelle de Québec pour le remettre au Régiment.

Ce drapeau est de couleur bleu moyen bordé d'une frange dorée. Au centre, on aperçoit les armoiries du Québec, ceinturés de l'inscription «22ième Régiment canadien-français». Un castor sur un rondin apparaît au bas de cet anneau et une branche de feuilles d'érable et de laurier vont rejoindre de chaque côté la couronne qui surmonte le tout.

Le deuxième drapeau Régimentaire



En mars 1921, le Maréchal Foch fit confectionner à Montréal un second drapeau Régimentaire. Ce drapeau fut remis officiellement au Régiment, le 27 juin 1921, par le Maréchal Fayolle, lors d'une cérémonie au Parc des Champs de Batailles à Québec.

Le 27 septembre 1929, le Régiment reçut ses honneurs de batailles pour la Première Guerre mondiale. Le drapeau Régimentaire fut donc expédié en Angleterre où l'on y broda les honneurs de batailles. Ce drapeau subit quelques modifications, entre autres, l'addition d'un «Union Jack» dans le premier quartier.

Le troisième drapeau Régimentaire

Le 23 juin 1959, les trois bataillons réguliers du Régiment reçurent des mains de Sa Majesté la Reine Elizabeth II leur nouveau drapeau Régimentaire au cours d'une cérémonie sur les plaines d'Abraham. Sa Majesté avait donné son accord l'année précédente afin que les honneurs de batailles soient inscrits en français. Lors de son allocution, Sa Majesté s’adressa alors en français et en ces termes  :

« L’histoire de votre Régiment n’est pas longue mais glorieuse! Je vous remets ces drapeaux avec une confiance absolue. Votre passé me donne la certitude que vous saurez les défendre sans peur et sans reproche. »         

Fait de couleur bleu royal français et bordé de frange dorée, le drapeau Régimentaire est attaché à la hampe qui remplace la lance de jadis. On retrouve, au centre, l'écusson régimentaire bordé de fil d'or, une couronne de feuilles d'érable symbolisant l'unité canadienne et, à l'extérieur, une couronne de feuilles de laurier sur laquelle apparaissent les noms des grandes batailles et campagnes dans lesquelles le Régiment se distingua. Près de la hampe, en haut, est inscrit, en chiffres romains, le numéro du bataillon. Aux trois autres coins, une fleur de lys rappelle l'origine française des membres du Royal 22e Régiment. La devise «Je me souviens» inscrite sur l'écusson rappelle aux officiers, sous-officiers et soldats, en plus d'un passé glorieux, le souvenir de ceux qui sont tombés au Champ d'Honneur et qui sont vénérés de tous. Ce sont eux qui ont mérité ces honneurs que nous avons le devoir de défendre.

Les honneurs de batailles attribués au Royal 22e Régiment sont les suivants :

Mont-Sorrel

San Fortunato

Somme 1916-18

Passage du Lamone

Flers Courcelette

Italie 1943-45

Vimy 1917

Apeldoorn

Ypres 1917

Nord-Ouest de l’Europe 1945

Passchendaele

Catenanuova

Arras 1917-18

Sicile 1943

Amiens

San Martino-San Lorenzo

Cambrai 1918

Cesena

France et Flandres 1915-18

Débarquement en Sicile

Thiepval

Valguarnera

Les hauteurs d ’Ancre

Adrano

Arleux

Débarquement à Reggio

Scarpe 1917-1918

Potenza

Côte 70

Le Sangro

Canal du Nord

Torre Mucchio

Ligne  Hindenburg

Ligne Gustav

Poussée de Mons

La Vallée de la Liri et Cassino 2

Casa Berardi

Borgo Santa Maria

Ligne Hitler

Ligne Rimini

Ligne Gothique

CORÉE 1951-1953

Il est à noter que les batailles identifiées en majuscules sont inscrites dans les plis du drapeau Régimentaire.

Les 4e et 6e Bataillons recevaient, le 3 juillet 1966, de Son Excellence le très honorable Général G.P.Vanier, Gouverneur général du Canada, leurs nouveaux drapeaux au cours d'une cérémonie au camp Farnham. Ces drapeaux sont identiques à ceux que Sa Majesté avait remis aux trois bataillons réguliers en 1959, sauf pour le numéro identifiant le bataillon.

Le quatrième drapeau Régimentaire

Le 4 juillet 1982, sur les plaines d'Abraham, Son Excellence le très honorable Edward Schreyer, Gouverneur général du Canada remit à chacun des trois bataillons réguliers du Régiment un nouveau drapeau Régimentaire. Le drapeau est identique au précédent.

Le cinquième drapeau Régimentaire

Le 30 mai 2000, à la Citadelle de Québec, Son Excellence la très honorable Adrienne Clarkson, Gouverneure générale du Canada, remit au 2e Bataillon un nouveau drapeau Régimentaire. Le drapeau est identique au précédent.