Le 1er Commando
Night drop
peinture: E.F. ZuberL'origine des forces aéroportées canadiennes remonte à deux unités ayant combattu au cours de la Seconde Guerre mondiale, soit le 1st Canadian Parachute Battalion et la First Special Service Force.
Formé le 1er juillet 1942, l’effectif du 1st Canadian Parachute Battalion s'élevait à 646 militaires de tous rangs. Levée à titre d'unité de défense territoriale, cette unité s'entraîna d'abord à Fort Benning, aux États-Unis et, par la suite, au Parachute Training Center situé à Shilo, au Manitoba. Très vite, l'unité fut incorporée à l'armée régulière et s'embarqua, en 1943, pour l'Angleterre pour se joindre à la 6e Division aéroportée britannique.
Quant à la First Special Service Force, cette unité a été formée de soldats canadiens et américains, fut levée en juillet 1942 avec mission de mener des opérations spéciales sur le continent européen.Depuis la Seconde Guerre mondiale, plusieurs groupes ont perpétué au sein des Forces canadiennes les pratiques de ces prédécesseurs. Le premier de tous fut la Canadian Special Air Service Company, qui opéra de 1947 à 1949, et dont les membres servirent à établir la Mobile Striking Force (MSF).
La MSF était une brigade formée de bataillons provenant de différentes unités régulières d'infanterie. Établis par tout le Canada, les membres de la MSF étaient rompus aux techniques de parachutisme et aux opérations en milieu arctique.À ne pas en douter, le Royal 22e Régiment, par le biais de ses unités, a joué un rôle très actif au sein de cette unité spéciale en mettant à sa disposition un grand nombre de ses membres. C’est le 9 janvier 1950, soit peu avant la guerre de Corée, que le Régiment (alors formé d’un seul bataillon) devint officiellement une unité de parachutistes. Au cours de la première année, après un premier cours à Québec, pas moins de 460 hommes se rendirent à Rivers au Manitoba. Avec l’avènement de la Guerre de Corée et l’expansion du Régiment avec la formation des 2e et 3e Bataillons, le rôle aéroporté échoit au 1er Bataillon, et ce, jusqu’à son départ pour la Corée en 1952.
À son retour de Corée, le 2e Bataillon assumera le rôle d’unité aéroportée jusqu’à son départ pour l’Allemagne (1953-1955). À son retour d’Europe, le 2e Bataillon reprend son rôle aéroporté au sein de la MSF, rôle qu’il allait jouer pendant six ans (1961). Certes, plusieurs exercices et sauts purent s’insctire au programme d’entraînement de l’unité. À titre d’exemple, en 1959, l’unité avait exécuté 749 sauts, sur ce, on n’avait enregistré qu’un accident mineur, un parachutiste avait eu une entorse à une cheville. Même chose en 1960, bien que les sauts furent plus nombreux, les accidents furent presque inexistants.
En janvier 1962, le 3e Bataillon assume à son tour le rôle d’unité aéroportée au sein des Forces canadiennes. À la fin de 1963, les 733 hommes de tous grades sont prêts pour une série d’exercices aéroportés qui se tiendront à Trois-Rivières. Cette unité conservera ce rôle jusqu’en 1964. De fait, l’exercice Renard bleu, qui se déroula du 9 au 15 mars 1964, fut le dernier exercice aéroporté de grande envergure auquel participa l’unité. Dépêchés en hâte à Goose Bay, 26 officiers et 463 hommes avaient cette fois pour mission de s’assurer le contrôle d’une piste d’atterrissage située à Saglek, au Labrador, et de s’emparer d’une force ennemie descendue dans la région avoisinante. Trente heures à peine après le début de l’opération, à la grande surprise et à la vive satisfaction du colonel Gaston Poulin qui dirigeait cette importante manœuvre, tous les objectifs étaient atteints. Le 3e Bataillon venait de se distinguer encore une fois, et le lieutenant-colonel Marcel Richard avait une raison de plus d’être fier de ses hommes.
En 1966, le commandement de la Force mobile prévoit la formation d’un régiment aéroporté, capable d’intervenir rapidement dans des conflits limités et éventuellement de servir d’avant-garde au gros des troupes canadiennes.
Formé le 8 avril 1968, le 1er Commando du Régiment aéroporté du Canada fait officieusement partie de la grande famille régimentaire. En effet, le Royal 22e Régiment, ayant toujours tenu une place importante dans l'histoire du parachutisme militaire au Canada, s'est vu décerner la tâche de pourvoir le personnel du 1er Commando.
Exercices de saut en parachute, 1968.Étant désigné unité francophone du Régiment aéroporté du Canada, le 1er Commando est stationné à la Garnison Valcartier entre 1968 et 1970, en attendant que les infrastructures d’accueil des francophones et de leurs familles (en particulier sur le plan scolaire) soient mises en place à Edmonton. Au cours de ces deux années, les exercices du commando se tiennent surtout dans la région de Québec, mais la formation des parachutistes et les exercices régimentaires ont généralement lieu en Alberta. En mai 1970, les 161 membres du 1er Commando et leurs familles déménagent à Edmonton. À peine installés, les paras sont rappelés au Québec en appui dans le cadre de la Crise d’octobre 1970. Au milieu des années 1970, le 1er Commando a un effectif d’environ 250 militaires, parfois plus.
Le 1er Commando a servi à Chypre de mars à décembre 1974, durant l'invasion de l'île par les Turcs. Au cours de ce conflit, les paras Berger et Perron sont tués et treize autres sont blessés. Au cours de cette période, huit membres sont décorés, à savoir : deux de l'Étoile du Courage, le capitaine Alain Forand et le soldat Clarisse Plouffe; et six de la Médaille de bravoure, le capitaine Normand Blaquière, le caporal C. Gratton, le caporal Michel Whelan et les soldats Mike Belley, M. Gingras, Gilles Pelletier. De plus, le colonel G.H. Lessard, commandant du Régiment aéroporté du Canada et membre du Royal 22e Régiment, s’est vu décerner la Médaille de bravoure.
Un membre du 1er Commando aéroporté à Chypres, en 1974.Le 21 octobre 1980, un vitrail commémorant les soldats Berger et Perron est consacré à la chapelle catholique de la base de Petawawa.
Le 8 juillet 1977, le Régiment aéroporté du Canada est transféré à Petawawa en Ontario. À Edmonton comme à Petawawa, le 1er Commando est le pilier de la communauté francophone locale. Aux deux endroits, mais encore plus à Petawawa, près de 20 de ses membres et leurs familles seront à l’avant-garde de la progression de services offerts en langue française, un rôle souvent revendicateur qui n’est pas toujours facile à jouer.
En 1981, le 1er Commando sert de nouveau à Chypre et l'un des nôtres est décoré de l'Étoile du courage, le soldat Chiasson. De septembre 1986 à mars 1987, le 1er Commando sert de nouveau à Chypre.
En 1992, le 1er Commando participa au sein d'une force multinationale dans une Somalie très troublée. Au contraire des précédentes missions conduites hors du pays par le Régiment aéroporté du Canada, celui-ci reçoit une mauvaise presse à partir du printemps 1992 à cause de la mauvaise conduite de quelques individus d’un autre commando que le 1er. En janvier 1995, le ministre de la Défense nationale annonce la dissolution du Régiment aéroporté du Canada et le 5 mars suivant, les membres du 1er Commando défilent fièrement pour la dernière fois lors de la cérémonie de fermeture du Régiment.
Entraînement du 1er Commando aéroporté, en 1995.Afin de maintenir une capacité de parachutisme au Canada, la compagnie de parachutistes du Royal 22e Régiment est formé à la Garnison Valcartier en juillet 1995. Au cours de sa première année, la compagnie de parachutistes est d’abord sous la gestion administrative du 1er Bataillon et, par la suite, la compagnie de parachutistes devient la compagnie A du 3e Bataillon en avril 1996.