La Croix de Vimy

Elle est située à l'endroit même où fut érigée la batterie de Brock au moment de la guerre de 1812. Sous le régime français cet endroit fut appelé Cavalier du Roy.

La bataille de la crête de Vimy (France) fut la première bataille livrée par le Corps d'armée canadien du 9 au 14 avril 1917.

«En six jours, le corps d'armée canadien avait avancé de quelque 4 500 verges et saisi 54 canons, 104 mortiers de tranchées et 124 mitrailleuses. Il avait infligé à l'ennemi de lourdes pertes, tout en faisant plus de 4 000 prisonniers. La victoire avait été remportée au prix de la perte, du côté canadien (pour la période du 9 au 14 avril), de 10 602 hommes, dont 3 600 tués. George V envoya à Sir Douglas Haig un message de félicitations ainsi conçu : Le Canada sera fier de savoir que la conquête de la crête convoitée de Vimy a été dévolue à ses troupes».

Au cours de cette bataille le 22e Bataillon se trouvait incorporé au sein de la 5e Brigade d'infanterie de la 2e Division canadienne. Au lendemain de cette victoire, les autorités militaires canadiennes de l'époque ont fait ériger, à Vimy, une croix de bois à la mémoire des disparus de 1917.


Croix de Vimy

En 1923, cette croix céda sa place au monument imposant que l'on peut voir de nos jours et le Régiment se vit confier la garde de cette croix qui fut placé à la Citadelle à l'automne de 1924. Avec le temps, cette croix de bois se détériora et il fut décidé, en 1947, de remplacer les bras de cette croix et d'en refaire la base. Dans la base de granit et scellé avec du béton, le Régiment a déposé les articles suivants :

  1. Une douille de cartouche du canon de 18, scellée par une deuxième cartouche de même calibre et qui renferme des parcelles de bois provenant des bras de la croix originale.
  2. Une douille de cartouche du canon de 18, scellée par une deuxième cartouche de même calibre et qui renferme les items suivants :
(1)
le insignes régimentaires du 22e Bataillon ;
(2) la liste nominative de tous ceux qui sont morts alors qu'ils servaient avec le 22e Bataillon ;
(3) l'historique de la bataille de Vimy en 1917 qui porte en autre, la signature du commandant de l'époque, le major-général T.L. Tremblay ; et
(4) des pièces de monnaie canadienne à l'effigie du Roi régnant, George V.


Une des première cérémonies à la Croix de Vimy, à la Citadelle de Québec en 1923.

Vers décembre 1978, la Croix de Vimy fut rénovée une fois de plus (elle avait été sérieusement endommagée par les intempéries au cours des dernières années). La tâche fut confiée à la section du Génie (détachement de Québec) sous la supervision de l'adjudant-maître Dubois.

La croix fut restaurée au complet en contre-plaqué, recouvert d'un métal résistant lui-même enduit d'un métal cuit. Les restes de la croix d'origine sont demeurés à l'intérieur de la nouvelle croix et les documents historiques sont toujours à l'intérieur de la base de granit. La croix actuelle fut mise en place, dans son socle de granit, le 8 avril 1979. Des parcelles de cette croix sont aussi exposées au Musée du Royal 22e Régiment situé à la  Citadelle.


La Croix actuelle, après plusieurs restorations, conserve son allure originale.


La Chapelle


La chapelle

Une première partie de l'édifice, visible seulement de l'intérieur, a été construite en 1800, sous la supervision de l'ingénieur militaire Gother Mann et elle était à l'origine une poudrière (construite en 1831) et elle pouvait emmagasiner 4 610 barils de poudre. La poudre arrivait de Grande-Bratagne dans des tonneaux de 100 livres et était par la suite versée dans de plus petits tonneaux de 25 ou 50 livres. Les plans originaux se retrouvent au Musée du Royal 22e Régiment. Le mur d'enceinte était conçu à la fois pour protéger la poudrière elle-même et pour protéger la garnison en cas de déflagration.

C'est en 1927 que le commandant du Régiment, le lieutenant-colonel Georges P. Vanier, changea la vocation de la poudrière en chapelle (chapelle Notre-Dame-du-Rosaire). Puisqu'il s'agit d'une chapelle privée toujours utilisée de nos jours, celle-ci est réservée à l'usage des membres du Régiment et de leur famille.


Le Mémorial


Le Mémorial

Le Mémorial du Royal 22e Régiment est un édifice de forme pyramidale situé à côté de la chapelle et qui servit autrefois de tonnellerie. Celle-ci fut construite en 1850. Elle est devenue aujourd'hui le Mémorial du Royal 22e Régiment, qui fut inauguré par Sa Majesté la Reine Elizabeth II, colonel en chef du Régiment en 1964 lors du cinquantenaire du Régiment. Les vitraux  représentent l'écusson des régiments canadiens-français qui ont participé à la formation du 22e Bataillon et qui lui ont aussi fourni des renforts lors de la Première Guerre mondiale.


La reine Élisabeth II en compagnie du général Vanier, alors gouverneur général du Canada, examinant les vitraux du Mérorial lors de son inauguration en 1964.

Le Mémorial renferme la dépouille du général Vanier décédé en 1967. Il fut commandant du Régiment et devint le premier Canadien français à occuper la fonction de Gouverneur général du Canada. À ses côtés, repose son épouse Pauline décédée en 1991. De plus, on retrouve derrière une plaque de bronze, les cendres du brigadier-général Paul Triquet, récipiendaire de la Croix de Victoria, la plus haute distinction pour courage extrême au mépris de sa vie qu'un soldat pouvait recevoir. Il y a aussi deux autres membres du Régiment qui ont mérité cette décoration à titre posthume pour leurs actions lors de la Première Guerre mondiale : le lieutenant Jean Brillant et le caporal Joseph Kaeble. Tous deux inhumés en France. Par contre, de la terre de leurs tombeaux est placée derrière des plaques de bronze à leur nom.


Funérailles du général Vanier au Mémorial de la Citadelle de Québec, en 1967.

On y trouve également les anciens drapeaux régimentaires et royaux, qui y sont conservés précieusement et le Livre du souvenir contenant les noms des 1 482 membres du Régiment décédés au combat et durant les missions de paix des Nations Unies. C'est un émouvant rappel aux officiers, sous-officiers et soldats du Royal 22e Régiment de leurs frères d'armes qui sont morts pour le Canada. Une page de du Livre du souvenir est tournée à tous les jours par le sergent de service de façon à ce que chaque nom apparaisse au moins six fois par année à une date déterminée.


Les anciens drapeaux du régiments sont conservés au Mémorial de la Citadelle de Québec.

Les murs de cette salle sont décorés par des Honneurs de batailles du Régiment inscrits en lettres de bronze. Une flamme, allumée par Sa Majesté la Reine Elizabeth II, y brûlait en permanence. Depuis, cette flamme fut remplacée par une lampe.