Mot du Colonel du Régiment

Le Major-général Alain Forand, CMM, ÉC, CSM, CD

« Vingt-Deux » un jour, « Vingt-Deux » toujours

Le rôle du Colonel du Régiment est d’être l’ambassadeur du Régiment, c’est-à-dire, promouvoir ses faits d’armes et sa spécificité.  Il représente tous les membres du R22eR, actifs, retraités, réguliers et miliciens, et s’assure de la pérennité du Régiment.

C’est sans doute le rôle le plus facile que l’on m’ait demandé d’occuper à ce jour puisque je représente ceux que je considère comme les meilleurs soldats au monde.

Je défini un « Vingt-Deux » comme suit : militaire d’action, engagé, efficace et professionnel.  Il se démarque par son côté humanitaire et sa compassion, son entregent, sa fierté envers son régiment et sa capacité d’allier travail et plaisir.  Parfois bougonneur, il sait relever avec enthousiasme et courage tous les défis et tâches qu’on lui demande d’accomplir.  Un « Vingt-Deux » c’est un militaire dont les mots défaite, soumission, débandade, déshonneur, abandon et retraite sont exclus de son vocabulaire et de ses traditions.  Finalement, il est un homme d’équipe, vif, plein d’initiatives et prêt à se sacrifier pour aider ses frères d’armes dans le besoin. Il est un militaire courageux, déterminé et dont la dignité dans les épreuves sont exemplaires.

Je reviens d’une très courte visite en Afghanistan où j’ai pu constater l’application de cette définition.  Nos « Vingt-Deux » d’aujourd’hui continuent d’offrir des performances exceptionnelles dans des conditions extrêmement difficiles.  Ils contribuent ainsi à maintenir et rehausser la réputation d’excellence du Régiment.

Je retiens beaucoup de points positifs de cette visite et j’aimerais en partager quelques uns avec vous.

Premièrement, ce qui frappe ce sont les conditions très difficiles dans lesquelles nos militaires œuvrent; climat extrême, terrain lunaire, difficultés de déplacement exacerbées par la possibilité de rencontrer des engins explosifs improvisés, poids très lourds à transporter lors des déplacements à pied, acclimatation aux conditions de vie et la culture locale, etc.

Deuxièmement, le niveau de professionnalisme et la fierté démontrée par tous les militaires rencontrés  Tous  croyaient en leur mission et reconnaissaient que depuis leur arrivée en théâtre, ils avaient contribué à l’amélioration des conditions de vie des Afghans dans leur secteur.  Tous reconnaissaient l’amplitude des tâches, les sacrifices exigés et la longue période requise pour y arriver, mais ils étaient tous très fiers de leur contribution.

Troisièmement, ici au Canada, dans les journaux, on mélange tous les militaires déployés en les qualifiant de « Vingt-Deux ».  Disons qu’il pourrait y avoir de plus grandes insultes!  Il n’y a pas beaucoup de militaires qu’y semblent s’en offusquer.  Ce qui est remarquable, c’est justement cette équipe qui compose le Groupement tactique du 2 R22eR.  J’ai constaté un climat de travail très sains, une très belle cohésion et une harmonisation de tous les métiers.  Il y prévalait une camaraderie évidente, une fierté d’appartenance et un très haut niveau de professionnalisme; à tel point que si je ne remarquais pas leur distinction de métiers sur leur épaulettes, je les aurais tous pris pour des « Vingt-Deux »!

Je suis revenu de ce voyage plus fier que jamais d’être un militaire et si ce n’était pas de mon âge avancé, je m’enrôlerais de nouveau!

Je me souviens