La nouvelle compagnie C du 1er R22eR atteint des sommets
La nouvelle compagnie C du 1er R22eR est allée gravir le Mont Adams du 5 au 8 octobre dernier dans le cadre d'un exercice aventurier. Le Mont Adams, voisin du Mont Washington, est situé dans le parc White Mountains National Forest du New Hampshire. D'une hauteur de 1,760 m, il est le 2e plus haut sommet du nord-est des États-Unis. Environ 5 heures de route sont nécessaires pour s'y rendre à partir de Valcartier.
Notre première journée nous a conduits au pied de la montagne. Il a commencé à pleuvoir dès notre sortie des autobus. Rapidement, nous avons érigé notre camp de base. Le ciel nuageux nous laissait envisager une ascension difficile pour le lendemain. Les montagnes du secteur sont reconnues pour leur météo changeante et leurs vents violents. Après avoir terminé les préparatifs de dernière minute, tous sont allés au lit tôt.
Le départ a eu lieu le lendemain vers 8h00. Le ciel dégagé et l'absence de vent dans la vallée nous ont encouragés. Le trajet jusqu'au sommet n'est que de 7 km, mais il présente 1300 m de dénivellation. Comme nous devions dormir en montagne la nuit suivante, chaque participant transportait un sac-à-dos bien rempli. L'ascension fut rapide au début car la pente était faible. La situation a changé brusquement à mi-parcours et plusieurs pauses furent nécessaires. La température diminuait et les vents augmentaient constamment. Lorsque nous sommes arrêtés diner, les arbres nous arrêtaient aux genoux, le vent soufflait en continue et la brume réduisait la visibilité à moins de 100 m.
Nous étions déjà fatigués mais nous savions que le pire était encore à venir. Les nuages nous empêchaient toujours de voir le sommet de la montagne. Les derniers kilomètres furent particulièrement pénibles. Le sentier en terre battue avait disparu pour faire place à un champ de gros rochers. Il fallait regarder au sol avant chaque pas. Seul les inukshuks nous permettaient de garder le cap. La pente abrupte nous obligeait souvent à utiliser nos mains pour progresser.
Tu sais que tu commences à être haut quand tu entends les outardes voler plus bas que toi. Vers 14h30, nous sommes enfin arrivés au sommet. La glace recouvrait les roches. Un vent soutenu de 40 km/h soufflait. La température était inférieur à -10 degré Celsius avec le facteur vent. Léger contraste avec le climat de la vallée quelques heures plus tôt. Nous ne nous sommes pas éternisés au sommet très longtemps...
Nous n'étions pas au bout de nos peines. La descente se faisait très lentement. Le sol était toujours très accidenté et la fatigue commençait à se faire sentir. Nos pieds fonctionnaient plus par rattrapage que par dépassement. Notre vitesse de croisière ne dépassait pas un kilomètre par heure. Sur la crête de la montagne, nous marchions pour rejoindre la limite des arbres afin d'y camper pour la nuit. Après 10 heures de marche, nous nous sommes finalement arrêtés. Le site n'était guère prometteur, mais il était maintenant impossible de trouver mieux avant la tombée du jour. Nous avons alors érigé nos abris. Trouver des moyens pour éviter de rouler vers le bas durant notre sommeil a demandé un peu d'ingéniosité. Vers 19h00, il n'y avait déjà plus de son ni de lumière dans notre campement.
Le retour au camp de base fut plus facile. La pluie tombait mais les arbres nous protégeaient maintenant du vent. Le sentier était aussi plus facilement praticable. Une demi-journée de marche nous permit de rejoindre le camp de base. Un généreux barbecue eut lieu en soirée et après quelques jours de rations, il fut très apprécié. Le lendemain les autobus sont venus nous chercher pour retourner à Valcartier.
Cet exercice fut le premier entraînement collectif de la nouvelle compagnie C. Il lança notre entraînement en vu de la roto 3-10. Son but était de familiariser les nouveaux soldats avec les marches de longue durée, de plus en plus fréquentes en Afghanistan. Il a très bien fait ressortir l'importance de voyager léger et de maintenir une bonne condition physique. Il nous a aussi permis d'apprendre à connaître nos coéquipiers et de former l'esprit d'équipe. Une fois séché et réchauffé, tous ont apprécié leur expérience.