La vie d’un signaleur d’une sous-unité de combat en Afghanistan

Par le caporal Dominic Marquis, Esc B, GT 2R22R

En tant que signaleur au sein d’un escadron de reconnaissance, nous sommes appelés à faire tout un éventail de tâches.  Voici donc un court exposé des principales tâches et défis que les signaleurs de l’escadron de reconnaissance ont eu à accomplir jusqu'à présent.

Dès notre arrivée en mission, je suis arrivé avec l’avant garde de l’escadron.  Ma tâche première a été d’assurer la relève de l’escadron avec celui des RCD.  Je devais confirmer que tout l’équipement qui était signé était bel et bien présent et fonctionnel avant l’arrivée de l’escadron.

Lorsque l’escadron est arrivé, nous avons finalement pris le contrôle du poste de commandent (PC).  Alors nous avons bien sûr fait des modifications dans le PC et au niveau des systèmes de communications pour mettre les choses à notre goût.  Ce fût le début de la routine de PC, faire des réparations d’urgences sur les véhicules qui partent en patrouille, assurer le bon fonctionnement de tous les systèmes présents sur la FOB, faire des tours de garde radio, établir des plans de communications pour les opérations à venir, se mettre à jour sur la différence de l’équipement que nous utilisons ici par rapport à celui que nous utilisons lors de l’entraînement au Canada.  Voici donc ce qui a occupé la majeure partie de notre temps en début de rotation.

Par contre, est venu le temps où j’ai été déployé sur ma première opération.  Le Premier Ministre venait faire une visite dans notre secteur d’opération pour constater de ses propres yeux l’accomplissement des travaux d’un des projets de signature internationale : le barrage de Dahla (Dahla Dam).  Le Dahla Dam est un barrage qui a été restauré, sous l’initiative de l’Agence canadienne de Développement International (ACDI) et qui a été mis en place pour fournir un débit d’eau constant à l’année longue dans la vallée de l’Arghandab.  Notre mission était donc d’assurer la sécurité du Premier Ministre lors de sa visite.  Comme signaleur, mon travail primaire était de faire le lien par le biais de communications satellites entre l’escadron et les autres forces qui étaient aussi impliquées sur la tâche.  Ma tâche secondaire était de participer en tant que sécurité arrière dans le véhicule du commandant de l’escadron et de voir à la sécurité locale.  Ce rôle m’a donc emmené à conduire entre autre les fouilles de points vitaux pour déceler toute présence d’IED potentiels, ce qui s’est déroulé sans anicroche. 


Le Lieutenant Lamarche du 2e Royal 22e Régiment de Valcartier discute avec un membre de l'équipe américaine d'inspection des routes pour avoir la possibilité de
repositionné son véhicule fin juillet 2009 dans le district de Panwaji. Les communications sont au centre de toutes les activités militaires. La coordination multinationale et
entre les nombreuses unités impose un échange d’information permanent. Que ce soit pour déployer l’équipe de réaction rapide, évacuer des blessés, fournir un appui feu
ou simplement faire un cordon de sécurité, toutes ces opérations nécessite une capacité en communication. Les signaleurs sont donc présents partout sur le terrain dans la
province de Kandahar. Ils sont sur les bases avancées et incorporés avec toutes les unités. Ils s’assurent que les canaux de communications soient maintenus et que la qualité
des échanges sur les ondes reste adéquate.   
Photo par le cplc Jonathan Johansen, roto 7

C’est ainsi que tranquillement pas vite, je me suis dirigé vers mes vacances de mission, temps qui a marqué une pause dans le rythme des opérations.  En effet, à mon retour, tout avait changé.  Le lendemain de mon retour à la base d’opération avancée (FOB), on m’a avisé que je me déployais pour une durée indéterminée pour le nouvellement créé JDCC d’Arghandab (centre de coordination inter-agences de district).  Je me retrouvais donc en plein cœur du nouveau centre nerveux de l’Arghandab, qui assurait une coordination quotidienne avec l’armée et la police afghane (ANA et ANP) et le leadership du district.  Le JDCC devait donc assurer des communications aussi efficaces et étendues que le PC de la FOB.  On s’est donc retrouvé à agir comme PRA et PC alternatif de l’esc.  Mon rôle de signaleur a donc été de partir de conditions austères pour monter le PC avec ses différents systèmes de communications et en assurer le bon fonctionnement.  Tout ceci combiné à ma participation aux patrouilles à pied des troupes.  C’est donc aux rations et sans douche que j’ai passé mon premier mois de retour en théâtre opérationnel.

Au bout de ce mois, j’ai été rappelé à la FOB pour participer à une opération majeure dans le district de Khakrez.  Nous nous sommes donc déployés pour une semaine et, une fois de plus, j’ai été impliqué dans des patrouilles démontées et montées, étant le seul membre de l’équipage du commandant d’escadron qui agissait comme sécurité arrière.  Ce fût d’ailleurs l’occasion pour moi de mettre en pratique ce que j’ai appris lors des cours de premiers soins.  En effet, lorsqu’un Ford Ranger de l’ANP a explosé sur un IED, je me suis retrouvé sur la ligne de front à porter assistance aux victimes de l’incident.

Me voilà donc de retour à la FOB et, une fois de plus, nous ne chômons pas, préparant le PC à déménager en conditions austères pour occuper notre nouvelle zone d’opérations.  

Voici donc en quelques lignes un résumé de ce que j’ai fait sur ma deuxième présence sur le sol afghan.  Ce n’est pas de tout repos et loin de la routine puisque je m’y retrouve à faire toujours quelque chose de différent, ce qui rend mon métier de signaleur hautement  intéressant et stimulant. 

Note de l’éditeur : au moment de la publication de ces lignes, l’auteur et son escadron de reconnaissance occupent de nouvelles positions au sud-ouest de la ville de Kandahar et y vivent au sein de la population afghane afin de mieux protéger la population et stabiliser leur district.