De la théorie à la pratique
Le Groupement tactique du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment applique la guerre à trois volets (Three Block War)Par le capitaine Jean Vachon, commandant adjoint de la compagnie A
Il y a des jours où la théorie fait place à la pratique. Parfois, dans des moments les moins attendus. Depuis quelques années, les opérations militaires ont prit un tournant tout à fait différent après la chute du Mur de Berlin. Les théoriciens faisaient mention de la guerre à trois volets (Three Block War). Pour simplifier l’explication, ce principe voulait que les nouvelles générations de soldats soient capables d’opérer dans une zone ciblée à haute intensité avec des opérations de combat, dans quelques rues plus loin d’autres soldats de la même organisation feraient simultanément des opérations de stabilisation et dans une autre rue ‘à côté’, d’autres s’occuperaient d’opérations de construction. Avec ce nouveau concept, les soldats devraient être prêts à opérer dans n’importe lequel de ces paliers. Ceci n’est nouveau pour personnes, car les cours de carrière et les exercices en campagne nous ont préparés, en quelque sorte, à cette nouvelle réalité. Cependant, à ma connaissance, peu d’entre-nous pourrait vraiment affirmer avoir expérimenté ces trois paliers en même temps au niveau de sous-unité.
Soldat Canadien attaché à la compagnie A du Groupement tactique lors d’une patrouille durant l’Opération SHIN MENGARAY dans le sud de l’Afghanistan.
Photo par un membre de la cie A du GT 2R22R roto 7C’est ce que la cie A du GT 2R22eR a expérimenté le 23 août 2009 lors de ses opérations dans le District de Dand en Afghanistan (au sud de la ville de Kandahar). En effet, suite à des tirs d’insurgés au cours d’une patrouille de section, des soldats ont été en mesure d’identifier le retrait des insurgés vers un complexe afghan (compound). Aussitôt les ordres ont été donnés à la compagnie de fournir une patrouille de combat de peloton afin d’aller neutraliser la menace. Jusqu’à maintenant rien de nouveau sous le soleil, la plupart des organisations ont déjà effectué ce genre de mission en théâtre. La différence est que depuis le 6 juillet, la cie A a adopté un mode d’opération de contre-insurrection en vivant au sein des villages afghans; un peu selon le modèle des maisons de peloton tel que pratiqué en Bosnie dans les années 90. Les trois pelotons ont donc une zone d’opération dans trois villages respectifs; le but étant de gagner ‘les cœurs et les esprits’ de la population afghane. Avec un commandement décentralisé au niveau de peloton, des progrès considérables ont pu être observés dans les différents villages grâce à des projet rapides pour le bien-être de la population ( Quick Impact Projects).
Cependant, le 23 août, la cie A a appliqué la théorie de la guerre à trois volets. Il a fallu constituer la patrouille avec un peloton ad-hoc étant donné que la cie n’avait plus vraiment de forces de manœuvres dû aux restrictions reliées aux opérations des maisons de peloton. Donc, il y avait un peloton qui effectuait une opération cinétique sur un objectif. À moins de trois km, un autre peloton faisait des opérations de stabilisations et encore à environ 3 km, un autre effectuait des opérations de construction; la guerre à trois volets dans un rayon d’environ 6km.
L’adjudant Patrice Chartrand (au premier plan à droite) pendant une patrouille de son peloton. Les aptitudes de la guerre à trois volets sont très nombreuses et nécessite
un entrainement spécifique. Pendant la rotation 7, la compagnie A du GT 2R22R a eu plusieurs fois l’occasion de mettre en pratique la théorie du
Three Blocks War, la guerre à trois volets.Lessons learned: The theory works; however, with three static platoons, each in a platoon house with its respective area of responsibility, the company has shifted it’s focus from offensive operations. Although it may take slightly more time to switch back to the offensive from the current posture of providing “stability and reconstruction” we will not neglect our offensive spirit and capability, especially at the end of a deployment. In concentrating our efforts towards counter-insurgency operations, the benefits which come from living amongst the local population in the platoon houses are evident. Building and maintaining relationships between the local population and those Canadian and Afghan forces providing security will build their trust in the ANSF and ISAF, and will also allow for increased development in the area. We are adapting to the changing circumstances in Kandahar, and must maintain readiness to operate in each of the three modes on the ground. Therefore, our pre-deployment training must be well planned to prepare our soldiers to operate in all three lines of operations – on any of the ‘three blocks’ which comprise the complex environment within Kandahar Province.