Petites histoire d’une batterie de l’Armée Afghane…

Par le capt D. Lebel, ELMO roto 7, Base de patrouille Sperwan Ghar

Sur la Base d’Opération Avancée de Sperwan Ghar se trouve la seule batterie de l’Armée Nationale Afghane (ANA) dans la zone d’opération canadienne.  Pour la première fois depuis que les Canadiens effectuent le mentorat de la 1ère Brigade du 205e Corps Afghan, quelques artilleurs sont dédiés au mentorat de la batterie.  Les rotations antérieures ont dû faire face à de gros problèmes tels que l’incapacité de certains commandants de pièces à lire ou écrire, le manque de canons pour l’entraînement et les opérations ainsi que le changement constant de superviseur sur la position des pièces.  Le travail acharné des membres de l’Équipe de Liaison et de Mentorat Opérationnel (ELMO) des rotations précédentes a permis à la batterie de se développer efficacement et d’être prêt à faire face aux opérations. La batterie se compose de quatre canons D-30 d’un calibre de 122 millimètres, une pièce d’artillerie russe.


Notre équipe de l’ÉLMO en compagnie du général Baseer, de gauche à droite : bdr Trudel, sgt Gauthier, capt Lebel, gén Baseer, col Rahmat Shah et l’adj Moloughney.
Photo par un membre de l’ÉLMO de la roto 7

L’équipe de mentorat d’artillerie de la FO 1-09 devait faire face à trois défis de taille : créer de la profondeur dans les postes clés de la batterie, intégrer lentement la batterie dans les opérations courantes de la brigade et entraîner les équipes d’observateurs d’artillerie de l’ANA. 


Le sgt Gauthier et le bdr Trudel supervisent et contrôlent le tir réel par les artilleurs de la 205e Bde.
Photo par le capt Lebel, ÉLMO roto7

Afin d’obtenir la capacité d’opérer en tout temps, soit lors des vacances de quelques membres ou lors de longues opérations, la batterie devait qualifier du personnel capable de calculer les données de tir.  Le poste de commande possède maintenant trois sergents et un officier qui sont en mesure de déterminer les données de tir et de passer les données aux canons.  Cependant, notre rotation à vue plusieurs commandants de pièce être promus ou transférés à l’extérieur de l’unité.  À chaque occasion nous devons recommencer à mettre de l’avant des cours de perfectionnement pour nos nouveaux commandants de pièces.  L’intégration au sein des opérations courantes dépend beaucoup sur la capacité de l’ANA à mettre des observateurs d’artillerie sur le terrain.  L’entraînement d’une équipe d’observateur d’artillerie afghane prend entre 45 et 60 jours car plusieurs membres au sein de l’équipe ne savent ni lire ni écrire.  Le plus gros défi est de leur faire comprendre la lecture d’une carte topographique.  Comme peu de cartes sont disponibles en DARI ou PASHTU, ceci rend la tâche encore plus complexe.  Les soldats afghans doivent alors reconnaître les nombres en anglais pour ensuite les associés au nombre DARI dans leur tête avant de fixer leur location.  Pas toujours facile… Présentement, trois équipes d’observateurs ont été entraînées par l’équipe de mentorat d’artillerie et nous espérons en former deux autres avant notre départ.


Le lt Faruk est le premier officier de l’Armé National Afghane à diriger du tir réel en théâtre en appui aux opérations. 
Il dirige un tir réel de pratique sous la supervision du capt Safhiq.
Photo par le capt Lebel, ÉLMO roto7

Comme tout entraînement, le tout n’est pas sans anicroche.  La batterie pratique ses procédures de tir avec du tir réel sur un flanc de montagne au sud de Sperwan Ghar.  Durant une soirée d’avril, nous avons effectué un tir d’obus éclairant.  Contre tout attente, trois obus ont explosé très près du sol.  Les mentors se sont réunis après chaque impact pour vérifier les données de tir et trouver l’erreur de donnée.  Le sergent travaillant dans le poste de commande avait entré les données de la météo à l’envers créant dans l’ordinateur un vent de 280 nœuds à l’heure !! 

La batterie de la 1ère Brigade s’entraîne chaque jour avec nous à leur côté.  Comme un bébé qui apprend à marcher, la batterie fait quelques pas sans assistance mais parfois, elle tombe et doit se relever….