Un bel échange entre femmes dans un village afghan.
Par la cavalier M.J.A. Crépeau, Chauffeur OL Esc B, (12e RBC ) GT 2e R22eR, FO 1-09
C’est dans un petit village afghan du District de DAND situé au sud-ouest de la ville de KANDAHAR que des militaires patrouillent le jour et la nuit pour maintenir un environnement de sécurité par leur la présence et récolter de l’information sur les actions potentielles des insurgés dans le secteur. Au cours de ces patrouilles, nous vivons des moments privilégiés en ayant de chaleureux contacts humains avec les hommes et enfants du village.
La cavalier Crépeau s’entretient avec les fillettes afghanes lors d’une patrouille dans le village afghan où une troupe de l’Escadron B a établi domicile.
Photo par le cavalier Pascal Blais, Escadron B du GT 2R22R (12 RBC)L’importance des femmes au sein des armes de combat
Malheureusement, selon les coutumes afghanes, il nous est très difficile de partager ces moments privilégiés avec les femmes puisqu’elles sont isolées de la population, principalement lors de la présence d’étrangers dans leur village. C’est alors que prend l’importance des femmes au sein d’un métier de combat. En effet, comme femmes militaires, nous sommes parmi les rares privilégiées à avoir la chance de vivre ces petits rapprochements tant appréciés des femmes afghanes. Lors de nos patrouilles, la présence de femmes donne effectivement la chance à la population féminine de voir et de comprendre le travail que nous effectuons sur leurs terres. D’avoir des femmes qui patrouillent elles aussi le village donne donc l’occasion de rassurer ces femmes et de leurs montrer que dans d’autres pays que le leur, la femme a des droits et vit sur un même pied d’égalité que les hommes.
La cavalier Carrier remet du papier et des crayons aux fillettes afghanes lors d’une de leur visite près notre camp.
Photo par le cavalier Pascal Blais, Escadron B du GT 2R22R (12 RBC)Perspective d’une de ses rencontres…
Lorsque nous rentrons dans leur environnement, les femmes du village sont très accueillantes. Aussitôt qu’elles reconnaissent que nous sommes des femmes, elles n’hésitent pas à se dévoiler montrant ainsi leur magnifique visage. C’est alors que nous nous sentons vite à l’aise en leur compagnie. Elles nous offrent de nous s’asseoir près d’elles en plus de nous offrir également à manger, signe typique de la grande hospitalité afghane. Dès ma première rencontre, j’ai remarqué que les Afghanes nous observent beaucoup. Souvent les femmes ou les jeunes filles nous demandent d’enlever notre casque et notre élastique pour bien voir nos cheveux. On dirait qu’elles ont du mal à croire que nous sommes des femmes militaires. Une fois une partie de notre attirail retiré, la seule chose qui demeure alors comme obstacle est la barrière de la langue. Malgré tout, on se comprend par nos expressions faciales et par nos gestes. Et c’est ainsi que chaque échange reste unique et mémorable pour chacune de nous toutes.
Des filles afghanes venues discuter avec la cavalier Crépeau lors d’une patrouille démontée.
Photo par le cavalier Pascal Blais, Escadron B du GT 2R22R (12 RBC)En conclusion,
Comme vous pouvez le constater, les différences culturelles créent des barrières qui font en sorte que nous ne sommes que quelques privilégiées qui ont pu tisser des liens avec les femmes afghanes dans ce climat de guerre. Malgré tout, je crois que tranquillement pas vite nous sommes entrain de démontrer une autre facette du monde à ces mamans, ces adolescentes, ces petites-filles, ces grand-mamans, bref, ces femmes. Par nos patrouilles, je crois sincèrement que nous sommes en train de semer quelques graines qui permettront un jour aux femmes afghanes de pouvoir s’épanouir à leur juste valeur.