Opération SHIN MENGARAY (mai 2009)

Par le Lt A. Hottin,
Cmdt pon 3, Cie A, Gt 2R22eR

Le 6 mai 09, 03h00, la patrouille de la cie A du GT 2R22eR, sort d’une la base avancée d’opération (BAO) pour sa tâche. Cette dernière consiste à s’insérer de nuit avec des membres de l’ANA (Afghan National Army) et de l’AUP (Afghan Uniformed Police) en vue de faire un cordon et fouille sur deux objectifs d’intérêts situés à moins de deux kilomètres de la base.

L’insertion établie et naviguée par l’ANA n’est pas sans embûche. Tous les soldats sont mouillés, certains même jusqu’aux genoux.  Pour beaucoup d’entre-nous, cela nous rappelles nos cours d’infanterie.  Les déplacements de nuit, les moments d’attente parfois très longs, les ruisseaux à franchir…  Le terrain n’est pas facilement praticable et nous entendons parfois des soldats de la ligne tomber ou trébucher sous le poids de leur lourd équipement de combat. Les soldats de l’ANA essaient du mieux qu’ils peuvent de naviguer habilement, toutefois ce n’est pas une tâche facile puisqu’ils possèdent peu d’équipement de vision nocturne. Malgré cela, ils se débrouillent bien et nous mènent au RVO (rendez-vous à l’objectif) à temps.

Aux alentours de 04h50, les éléments sont en position juste avant l’assaut.  L’ANA a comme tâche le cordon extérieur, alors que l’AUP s’occupe de la fouille des « compounds » en question.  Notre tâche est d’agir en réserve et d’intervenir seulement si l’ANA et l’AUP sont incapables d’atteindre leur mission.  Nous suspectons un contact, qui finalement n’a pas lieu. Le nettoyage des objectifs prend du temps. La population locale se demande bien pourquoi autant de soldats occupent ses terres. Les gens vaquent toutefois à leurs occupations, qui consistent généralement à la culture du pavot. Les enfants nous regardent et nous demandent pour de l’eau, de la nourriture et des crayons. Partout où l’on va depuis le dernier mois, les enfants ne demandent que pour cela. 


Retour au camps, mission de fumigène.

Le cordon et fouille est un succès toutefois limité. Dans les objectifs, nous recueillons un peu d’information pertinente sur les activités ennemies, nous trouvons énormément de pavot récolté que nous détruisons sur place et nous appréhendons une personne d’intérêt que l’on ramène à la BOA pour interrogation. Toutefois, nous ne parvenons pas à mettre la main sur une cache d’armes ou sur une fabrique d’explosifs. Aux alentours de 11h00, le commandant de la cie A, est satisfait de la tournure des évènements et ordonne la fin de l’opération. Sur notre itinéraire de retour que nous parcourons à pied alors qu’il fait plus de 42 degrés celcius, une mission de tir de fumigène couvre notre désengagement. Une autre opération complétée et aucun blessé au sein des forces de la coalition et des forces de sécurité afghanes.