Opération MUNKIREDAL

Par : Sergent Babin, Cpl Delisle et Cpl Tabares-Chevarie

Le 26 avril 2009, les membres du Groupement tactique du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (GT 2e R22eR), ainsi que deux compagnies de la U.S. Army, se sont rejoints en un convoi regroupant une centaine de véhicules.  Les préparatifs en prévision de l’Opération MUNKIREDAL avaient débuté plusieurs jours auparavant, mais c’est avant l’aurore de cette longue journée que fut posée la touche finale en vue de ce regroupement d’une ampleur sans précédent. La mission : extraire un détachement de l’ELMO ainsi que des éléments de l’Armée nationale afghane (ANA) et démanteler le poste fortifié de MUSHAN. Pour ce faire, les forces participant à l’opération devaient récupérer tout le matériel utile, le ramener en lieu sûr et détruire ce qui ne pouvait pas être emporté.  La route menant jusqu’à l’objectif, réputée comme l’une des plus dangereuses de l’Afghanistan, risquait d’être parsemée de dispositifs explosifs de circonstance, mieux connus sous l’acronyme IED (Improvised Explosive Device).  Il s’agissait de la principale menace à laquelle allaient devoir faire face les forces de la coalition (ISAF).


Un jeune Afghan intrigué par le passage d'une
centaine de véhicules militaires dans son village.

La première difficulté se posant aux forces sur le terrain fut, sans étonnement, l’immensité de la tâche de sécuriser la route contre de toute action des insurgés.  La suite EROC, se déplaçant avec une lenteur n’ayant d’égale que le caractère délibéré de sa tâche d’ouverture de routes, ouvrait la marche, suivie par les membres du 51e escadron du génie de combat.  Les chars Léopard 2 de l’escadron C du Lord Strathcona’s Horse (LdSH) fournissaient, grâce à leur puissance de feu, un appui fort apprécié par tous les membres du convoi.  L’appui aérien, fourni par les hélicoptères Griffons canadiens et une pléiade d’hélicoptères américains, favorisait l’alerte avancée et permettait d’identifier les endroits d’où les insurgés pouvaient tenter une attaque. La température, facteur crucial à prendre en considération lors de la planification des opérations, s’est maintenue à plus de 30°C pendant toute la durée de l’opération, atteignant même les 36°C à quelques reprises. Cette chaleur écrasante, jumelée au nombre important d’IED découverts le long du trajet, a mis la patience des soldats à rude épreuve. Certaines haltes durèrent d’interminables heures aux yeux des membres des compagnies B et C du GT 2e R22eR chargés de conduire des patrouilles démontées dans les villages avoisinants afin d’assurer la sécurité du convoi. Le déplacement vers le poste fortifié de MUSHAN dura, au total, plus de 25 heures.


Le convoi est bien protégé par grace à l'extraordinaire puissance de feu des chars Léopard

Mais le plaisir ne faisait que commencer! Une fois arrivés à Mushan, les ingénieurs de combat, les membres du peloton de transport de la compagnie de service du GT et ceux de l’Élément de soutien national (ESN), ne perdirent pas un instant pour effectuer le démontage de la position.  Le démantèlement a été accompli en 24 heures, sous la protection des fantassins des compagnies B et C  qui patrouillaient les villages environnants.  C’est au cours d’une de ces patrouilles qu’un peloton de la compagnie C a été engagé par un groupe d’insurgés à l’aide d’armes légères et d’obus de mortier. L’habileté à combattre de ces soldats leur a permis de repousser l’attaque ennemie sans difficulté et même de capturer quelques insurgés qui ont été remis aux autorités appropriées pour interrogation. Néanmoins, ces actes d’hostilité ont certainement contribué à motiver le personnel chargé du démontage de la position, qui ont redoublé d’ardeur afin d’éviter de traîner dans les parages.


Une pose bien mérité pour les membres de cette section d'infanterie

Une fois le démantèlement complété, le convoi devait retourner à son point d’origine.  Encore une fois, l’opération s’avéra tout aussi difficile et fournit aux soldats l’occasion d’aiguiser une fois de plus leur patience. Malgré la présence accrue des troupes Américaines le long de la route de retour et le passage de la suite EROC, le convoi a été victime de quelques  IED. L’approche de la tombée du jour et les incidents de la journée ayant considérablement ralenti le déplacement, le lcol Jocelyn Paul, Cmdt du GT, décida de modifier le plan initial et d’arrêter le convoi pour la nuit. 


Les ingénieurs sont à l'œuvre et débutent les travaux de démolition du poste fortifié de Mushan.

Les véhicules ont adopté une défense hâtive afin de permettre aux troupes de reprendre des forces et de poursuivre la mission dès l’aube.  Étant donné le niveau élevé de la menace prévalant dans le secteur, les troupes ont dû dormir dans leurs véhicules. La suite du déplacement s’est déroulée sans obstacle majeur. En tout, l’itinéraire de retour fut couvert en près de 30 heures!  À noter que le secteur de Mushan est reconnu comme l’un des plus dangereux de l’Afghanistan, ce qui n’était pas pour effrayer les membres du GT, qui y ont brillamment performé. 


Les SVSBL chargés et prêts à repartir en direction de KAF.

Je me souviens