Des canadiens en Nouvelle-Zélande
Par
Lt Alexis Legros
Cmdt Reco 1er R22eRLe 21 mars dernier, une section du peloton de reconnaissance du 1er R22eR s’est rendue en Nouvelle-Zélande dans le but de faire un exercice dans le bush. La côte ouest de la Nouvelle-Zélande, avec sa végétation dense était idéale pour ce type d’entraînement.
Après 23 heures d’avion et trois escales, nous sommes arrivés à Christchurch. Nous étions accueillis par le Lt Christopher Shaw, l’officier de liaison Néo-Zélandais, qui nous a amené au Camp Burnham, domicile du 2/1 Royal New Zeland Infantry Batallion, une unité d’infanterie légère. Le Camp Burnham, construit durant la 1ère Guerre Mondiale est magnifique et bien que très rénové, garde son charme d’antan.
Les quatre premières journées en NZ servaient à nous acclimater et à visiter la région. Nous en avons profité pour faire la tournée des magasins de Christchurch mais, comme c’est coutume lors de la fin de semaine de Pâques, tout est fermé en Nouvelle-Zélande, nous avons dû alors nous contenter de rester au Camp Burnham. Nous sommes allés voir un match de rugby qui, peu connu par chez nous, est le sport national des néo-zélandais. L’équipe locale a gagné, ce qui a plu à nos collègues kiwis*.
Après ces quatre journées très tranquilles, nous avons commencé l’entraînement pré déploiement qui consistait à nous familiariser avec l’équipement local et à la STEYR-AUG, l’arme utilisée en Nouvelle-Zélande. Nous sommes ensuite parti pour la côte ouest, où se trouve le bush, à environ quatre heures de route du Camp Burnham. Le trajet pour se rendre au secteur d’entraînement est rempli de paysages magnifiques qui ressemblent beaucoup aux Rocheuses canadiennes.
Dès l’arrivée dans le bush, nous installions un campement où nous dormions dans des ponchos motels (hoochis) néo-zélandais qui se ressemblent beaucoup au poncho américain mais sans trou pour y passer la tête. Nous sommes établis dans un endroit idéal, près d’une rivière et non loin d’un sentier qui longe une montagne. Le bush de la Nouvelle-Zélande ne peut pas être comparé au bush australien, il se ressemble plutôt aux forêts de la Colombie-Britannique : un terrain humide avec beaucoup d’arbres géants et de buissons denses. C’est à cet endroit que nous allons participer à un exercice avec l’armée néo-zélandaise.
Nous passons les premiers jours dans le bush à patrouiller en suivant leurs drills, qui se ressemblent beaucoup aux drills canadiens, sur une quinzaine de kilomètres d’un sentier montagneux. Nous découvrons pour la première fois les pluies diluviennes que nous ont tant parlé les Kiwis. Le camouflage digital canadien s’avère idéal dans le bush, surpassant le camouflage britannique de nos nouveaux collègues. Nous utilisons évidemment des munitions à blanc et ceci ne fait pas bien paraître la Steyr Aug* qui fait beaucoup de ratés de tir.
La deuxième partie de l’exercice se passe en compagnie d’un détachement du peloton de reconnaissance néo-zélandais. Ces derniers sont très doués en milieu rapproché. Ils nous enseignent d’excellentes techniques pour faire des postes d’observation et pour briser le contact. Ils sont particulièrement experts en pistage et nous passons deux jours complets à pister en leur compagnie. Les kiwis suivent un cours d’un cinq semaines sur le pistage et maintiennent une section opérationnelle d’expert pisteurs.
Lorsque l’exercice fut terminé et que nous sommes retournés au Camp Burnham, nous avons finalement pu jouer les touristes à Christchurch et à Akoroa, deux villes touristiques très intéressantes. Quelques jours de repos avant de reprendre l’avion direction Québec.
Crédits photos : Lt Alexis Legros