Honneurs de batailles de la Deuxième Guerre mondiale
Dimanche, le 10 septembre 1939, le gouvernement canadien déclare officiellement la guerre à l'Allemagne, au nom du Canada.
«A ces causes, nous déclarons et proclamons par les présentes qu'un état de guerre avec le Reich Allemand existe et a existé dans Notre Dominion du Canada à compter du 10e jour de septembre 1939. »
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Au début de septembre 1939, le recrutement fait passer les effectifs du Régiment au niveau fixé pour le temps de guerre. En décembre, le Régiment est transféré en Angleterre où il joue un rôle défensif jusqu'en 1943.
Le 10 juillet 1943, le Régiment participe à l'invasion de la Sicile puis de l'Italie. Le 17 mars 1945, le Royal 22e Régiment débarque à Marseille, en France, et se dirige vers le nord où il prend position sur les bords de la rivière Yssel en Hollande, au sud d'Apeldoorn, pour participer aux opérations finales de la Seconde Guerre mondiale.
Le 4 septembre 1956, le Régiment se voit attribuer officiellement ses 25 honneurs de batailles qu'il a dignement mérités de porter à la suite des combats célèbres menés au cours de cette guerre.
Ces honneurs sont : Débarquement en Sicile, Valguarnera, Adrano, CATENANUOVA, SICILE 1943, Débarquement à Reggio, Potenza, La Sangro, CASA BERARDI, Torre Mucchio, Vallée de la Liri et Cassino II, Ligne Gustave, , LIGNE HITLER, LIGNE GOTHIQUE, Borgo Santa Maria, SAN FORTUNATO, PASSAGE LAMONE, Ligne Rimini, San Martino-San Lorenzo, Cesena, ITALIE 1943-1945, APELDOORN et NORD-OUEST DE L'EUROPE 1945.
Les règlement veut que seulement dix de ces honneurs soient inscrits dans les plis de notre drapeau régimentaire, ils sont identifiés ici en lettres majuscules grasses et font l'objet d'un narratif aux pages subséquentes.
A l'instar des anciens du 22e Bataillon, les faits d'armes au crédit du Royal 22e Régiment au cours de la Seconde Guerre mondiale furent nombreux et glorieux. Le Régiment s'est vu décerner un total de 135 décorations dont une Croix Victoria décernée au capitaine Paul Triquet en décembre 1943.
Malheureusement, plus d'une fois, le Régiment dû payer chèrement sa part de gloire.
DEUXIÈME GUERRE MONDIALE
OFFICIERS
SOUS-OFFICIERS
ET
SOLDATSTOTAL
EN SERVICE AU RÉGIMENT
314
4 980
5 294
MORTS AUX COMBATS OU DES SUITES DES COMBATS
26
356
382
BLESSÉS AUX COMBATS
63
1 202
1 265
TOTAL MORTS ET BLESSÉS
89
1 558
1 647*
*SOIT 31% DE L’EFFECTIF AU SERVICE DU RÉGIMENT AU COURS DE CE CONFLIT
DÉBARQUEMENT EN SICILE
Au cours de l'après-midi du 9 juillet 1943, les divers convois, venant des deux extrémités de la Méditerranée, atteignirent leurs zones de rassemblement à l'est et au sud de Malte et, une fois reformés, se dirigèrent vers leurs secteurs respectifs de débarquement.
Le débarquement en Sicile était considéré par le Haut commandement allié comme une entreprise hasardeuse, audacieuse et à hauts risques, car les caprices imprévisibles de la mer étaient toujours à redouter. Les plages de cette Île, protégées en maints endroits par de hauts fonds peu faciles d'accès, pas plus d'ailleurs que de l'intérieur des terres où diverses chaînes de montagnes offraient à l'ennemi d'excellents retranchements naturels.
La tempête, survenue le 9 juillet 1943, s'était vite apaisée et la mer s'étalait comme une nappe d'huile. La Première division canadienne, qui occupe la gauche de la 8e Armée, doit toucher terre au sud-est de la Sicile, le long des rives de la presqu'île de Pachino. La 3e Brigade est formée du Royal 22e Régiment, du West Nova Scotia Regiment et du Carleton and York Regiment, lesquels vont combattre côte à côte pendant plus de 2 ans avec une entente parfaite et une loyauté à toute épreuve.
Magnifique résultat d'une coordination sans pareil, le débarquement en Sicile, grâce à la collaboration constante des forces aériennes, navales et terrestres, s'opère conformément aux instructions qu'ils ont reçues.
Au moment du débarquement le 10 juillet, le Royal 22e Régiment faisait partie d'un des éléments de réserve de la Première division canadienne et, ce n'est que vers 08h00, que les premiers éléments de la tête du Régiment débarquèrent sur les plages de Pachino. Or, la conquête du littoral aux environs de Pachino s'est faite avec une rapidité imprévue et, le soir, le Régiment se trouve déjà à 6.5 kilomètres à l'intérieur des terres. Cependant, les circonstances forcèrent le Régiment à prendre une part plus importante que le prévoyait le plan initial.
La vaillance et la combativité des soldats du Royal 22e Régiment valurent au Régiment l'honneur de bataille DÉBARQUEMENT EN SICILE.
VALGUARNERA
Le 17 juillet 1943, à Valguarnera, le Régiment prit part à sa première bataille de la Seconde Guerre mondiale. Malgré le manque d'expérience de ses troupes face à de vrais combats, les soldats du Régiment mirent en pratique toute l'expérience et les connaissances qu'ils reçurent à l'entraînement.
La mission du Régiment est périlleuse, elle doit se faire de nuit, par clair de lune. La route qu'il emprunte favorise la résistance ennemie. Profondément encaissé dans les flancs d'une longue colline détachée de la chaîne de l'Erie, le chemin tortueux épouse la forme d'un fer à cheval. Il serpente dans une étroite passe nommée Portello Grotta Calda. A la sortie de ce défilé, la route bifurque. La branche de gauche incline vers Enna où la division Hermann Goering a établi son quartier général, tandis que la droite oblique vers Valguarnera dont les hauteurs commandent la vallée de la Dittaino et toute la plaine sise à l'ouest de Catane. L'ennemi a bien l'intention de défendre avec vigueur ce centre de communication d'une importance stratégique considérable.
Cette bataille dite du Fer à cheval fut un succès malgré des obstacles naturels qui intimidaient les soldats du Régiment. Ce baptême de feu a coûté au Régiment 8 morts et 23 blessés.
La vaillance des soldats engagés dans cette bataille valut au Régiment l'honneur de bataille VALGUARNERA.
ADRANO
Le 30 juillet 1943, après maintes attaques et contre-attaques, les monts Scapello et Santa Maria tombèrent aux mains du Royal 22e Régiment. La première partie de l'opération, qui visait à enfoncer les lignes allemandes de l'Etna, se trouvait accomplie.
La seconde phase du plan du général Alexander prévoyait un assaut d'infanterie contre Adrano, ville située au pied de l'Etna à environ 32 kilomètres au nord-ouest de Catane.
Si Adrano venait à tomber, l'armée allemande se trouverait coupée en deux.
Sitôt installé sur le Simeto, le lieutenant-colonel Bernatchez expédia des patrouilles en direction d'Adrano. Le lieutenant Yvan Dubé, qui dirigeait l'un de ces groupes de combat, rencontra l'ennemi à l'intersection d'une route. Il captura trois Allemands, dont deux blessés et recueillit de nombreux renseignements. Suite à ces informations, le poste de commandement recommande un délai. Le lieutenant Dubé, ayant une panne radio et ignorant la décision de l'état-major, poursuivit son avance jusque dans Adrano selon les instructions antérieures et s'installa en attendant l'arrivée de son unité.
Il passa la nuit dans Adrano, malgré le bombardement intense provenant de l'artillerie alliée. Le Régiment, grâce à ses patrouilles de reconnaissance, exploita la situation créé par l'établissement de sa tête de pont sur le Simeto ainsi que l'opération du lieutenant Dubé et sa patrouille et permirent de déjouer l'ennemi et de hâter l'occupation d'Adrano.
Suite à cette opération d'envergure réussie par les membres du Royal 22e Régiment, l'honneur de bataille ADRANO leur fut accordé.
CATENANUOVA
Le 24 juillet 1943, le Royal 22e Régiment reçoit l'ordre de capturer les Monts Santa Maria et Scapello afin de dominer les hauteurs surplombant la ville de Catenanuova et ainsi permettre à la 3e Brigade de s'en emparer.
Ce n'est qu'après une avance lente et pénible, suivie de plusieurs combats que le Royal 22e Régiment atteint tous ses objectifs. Les troupes du Régiment, sous le commandement du lieutenant-colonel Bernatchez, sont en mesure de supporter l'attaque de la 3e Brigade. Le 30 juillet, la ville de Catenanuova tombe enfin aux mains des Canadiens. Les pertes du Régiment furent lourdes. soit 16 morts et 62 blessés.
La vaillance des soldats au cours de cette bataille vaut au Régiment l'honneur de bataille CATENANUOVA .
SICILE 1943
Le 10 juillet 1943, le Régiment débarqua en Sicile. Après de longues semaines d'entraînement, les hommes sont prêts à affronter un terrain montagneux et une chaleur torride. Sur le champ de bataille, nos «22» traversent à pied, la plupart du temps chargés comme des mulets, toutes sortes de pièges allant du traquenard jusqu'au champ de mines. Constamment confrontés à des tirs d'artillerie et de mortier, ils voient parfois leur matériel et leur équipement personnel détruit, les obligeant à partager nourriture, rasoirs et eau potable avec leurs compagnons. Plusieurs hommes, sous-officiers et officiers se distinguèrent au cours de la campagne de Sicile, notamment pendant les batailles de Borgo Santa Maria et Scapello lors de la prise de la ville de Catenanuova.
En moins d'un mois, le Régiment a parcouru plus de 190 kilomètres, avançant à travers les lignes ennemies, subissant de lourdes pertes mais réussissant toujours à remplir ses missions.
Après une dure bataille et une victoire éclatante, un officier écrivit : «Les officiers, sous-officiers et hommes du Royal 22e Régiment se sont simplement montrés tels qu'ils sont : des soldats sans peur». Tous ont porté bien haut la réputation du 22e. Par ces hauts faits d'armes, le Royal 22e Régiment se mérita l'honneur de bataille SICILE 1943.
DÉBARQUEMENT À REGGIO
Parti de Catane à minuit le 2 septembre 1943, le convoi longea les côtes de la Sicile jusqu'à San Alphonso, puis il franchit le détroit de Messine. Les péniches et diverses autres embarcations, petites et grandes, se rapprochaient et la mer devenait plus agitée. Bientôt, les navires de débarquement subirent l'action des deux courants qui font depuis des siècles la célébrité de Charybes et Scylla. Brusquement, à 03h30 le 3 septembre 1943, le clapotis des vagues et le ronflement des moteurs se perdirent dans le fracas assourdissant de près de 700 canons qui tirent en même temps. Le bombardement allait durer plus de deux heures.
Là-bas, 10,5 kilomètres de distance, le continent paraissait en flammes. Le tracé des obus éclairants indiquait au convoi l'endroit précis où les vaisseaux devaient obliquer, soit vers l'Italie continentale. Aussitôt, les premiers navires tournèrent et s'élancèrent à travers le détroit sous la protection des avions. L'artillerie navale, les pièces de la DCA et l'artillerie lourde déchirèrent la nuit et tonnèrent encore lorsque le soleil apparut à l'horizon. Dès 07h00, le Régiment débarqua et, moins de deux heures plus tard, il occupa la banlieue de Reggio de Calabria et les hauteurs qui dominent la ville. Après cinq heures de marche et de combat, les troupes du Régiment s'emparèrent de leurs objectifs et les occupèrent.
Lors de cette bataille, le Régiment fit plus de 1 270 prisonniers de tous grades et s'empara de nombreux fusils, canons et véhicules. Cette place forte était un quartier général italien défendu par le 502e Régiment côtier et de la 207e Division côtière italienne.
En ce jour, le Régiment s'illustra avec bravoure et vaillance et se mérita l'honneur de bataille DÉBARQUEMENT À REGGIO.
POTENZA
Le 20 septembre 1943, le Régiment arrive devant Potenza après avoir poursuivi l'ennemi sur une distance de 192 kilomètres. Pendant cette longue poursuite, l'ennemi fait sauter tous les ponts parfois même sous le nez de nos troupes. Plusieurs champs de mines doivent être traversés sous le feu ennemi. Devant Potenza, le Régiment reçoit l'ordre d'occuper les hauteurs qui dominent le secteur. De 12h30 à 17h00, le Régiment lutte, gagne ses objectifs, s'y établit solidement et complète ainsi l'encerclement projeté. Soupçonnant la présence d'autres détachements ennemis, plusieurs patrouilles de reconnaissance sont envoyées. Ainsi, grâce aux renseignements obtenus, le Régiment se rendit compte que l'ennemi se repliait. Le Régiment se rendit donc aux Plaines de Foggia.
La vaillance des soldats engagés dans cette bataille valut au Royal 22e Régiment l'honneur de bataille POTENZA.
LE SANGRO
Le Royal 22e Régiment fut mis en alerte dès le 14 novembre 1943. Il devait précéder la brigade et se diriger vers San Pietro et occuper la rive droite du fleuve Sangro. Le matin du 17 novembre 1943, le Régiment s'ébranle après avoir envoyé plusieurs patrouilles de reconnaissance. Étant retardé par le pont flottant de la rivière Biferna qui n'était plus là, le Régiment ne put repartir que le lendemain. Pendant ce temps, les patrouilles arrivaient à 1,6 kilomètres de leur objectif. Après avoir attendu toute la nuit, une patrouille réussit à faire des prisonniers et l'ennemi laissa huit morts sur le terrain. Pendant les jours suivants, différents pelotons prennent contact avec l'ennemi en réussissant à faire plusieurs prisonniers.
Les 20 et 21 novembre 1943, vers 21h00, sous une pluie froide et un brouillard qui empêchait de voir à plus de 30 pas, un peloton franchit le Sangro. Les hommes étaient dans l'eau jusqu'à la ceinture. Il faisait si noir qu'il fallut plusieurs heures pour trouver la maison qui servait de point de repère. Les mines et le tir soutenu de l'ennemi infligeaient de lourdes pertes au Royal 22e Régiment.
Le résultat de cette bataille fut quand même une grande victoire pour le Régiment qui se mérita l'honneur de bataille LE SANGRO.
CASA BERARDI
La prise de Casa Berardi permettait la capture de l'embranchement principal de la route Orsonna-Ortonna. La prise de cet objectif était essentielle pour la poursuite des opérations de la 8e Armée du général Sir Oliver Leese. Le 14 décembre 1943, une compagnie du Royal 22e Régiment, commandée par le capitaine Triquet et appuyée par un escadron de chars de l’Ontario Tank Régiment, assaille furieusement le point fortifié de Casa Berardi. La résistance ennemie les isole du reste du Régiment. Le capitaine Triquet rallie ses hommes par ces mots : «nous sommes encerclés, l'ennemi est en avant, en arrière et sur nos flancs, l'endroit le plus sûr, c'est l'objectif». À ce moment, la compagnie se trouve à 1,6 kilomètres de Casa Berardi et il ne reste qu'une trentaine d'hommes dont deux sergents pour les commander. Lorsque l'objectif est atteint, il ne reste plus que 14 hommes dont deux sergents et sept chars.
Les Berardi devant leur maison, la fameuse Casa Berardi.Au cours de ce combat, le Régiment se couvre de gloire. Le commandement est plus que satisfait de la rapidité et de la puissance avec lesquelles le Royal 22e Régiment a frappé. Les hommes ont fait preuve d'un courage magnifique et d'un sang-froid incomparable.
Le capitaine Triquet fit preuve d'initiative, d'un sens du commandement et d'une bravoure extraordinaire, il se mérita la Croix Victoria pour son courage. Au cours de cet engagement, il y eut 23 tués et 107 blessés.
Par sa détermination et ces hauts faits d'armes, le Royal 22e Régiment se mérita l'honneur de bataille CASA BERARDI.
TORRE-MUCCHIO
Le 29 décembre 1943, le Royal 22e Régiment est accueilli par un feu rapide et nourri dans son avance vers Riccio. En dépit de la résistance, 24 heures plus tard, le Régiment avait atteint son objectif à la suite de combats acharnés. La capture et l'occupation des hauteurs du promontoire de Torre-Mucchio ne furent pas chose facile. Nos soldats parvinrent à maintenir leur position malgré le feu intense de l'ennemi. Cette opération qui, encore une fois, devait être facile et sans trop d'importance, s'avéra coûteuse au Royal 22e Régiment.
Sans le sacrifice de ces vies, des nombreux blessés, de la qualité des hommes et des chefs, cette bataille aurait pris une tournure différente.
L'honneur de bataille TORRE-MUCCHIO fut accordé à ces vaillants soldats pour leur bravoure et leur détermination.
VALLÉE DE LA LIRI-CASSINO II
A l'aube du 17 mai 1944, le Royal 22e Régiment se met en marche dans la vallée de la Liri. Compte tenu de la difficulté du terrain et de la température, le Régiment avance difficilement et se bat avec acharnement.
Après s'être réorganisés sur la position, les membres du Régiment comptèrent leurs pertes et prisonniers. Cela se chiffrait à 3 morts, 18 blessés et 7 hommes manquaient à l'appel. Ils avaient réussi à capturer 51 prisonniers et détruit 4 chars blindés.
Par la suite, le chef du Régiment réunit son groupe de commandement et prit les dispositions nécessaires pour continuer l'avance.
Grâce à leur courage et leur ténacité, les gars du Royal 22e Régiment se méritèrent l'honneur de bataille LA VALLÉE DE LA LIRI. Cette bataille s'inscrivait lors de la deuxième bataille des Alliés contre Cassino. Par conséquent, les hommes du Régiment obtinrent l'honneur de bataille CASSINO II
LIGNE GUSTAV
Le 11 mai 1944, le Royal 22e Régiment participe à la percée de la Ligne Gustav.
Cette ligne, la première des trois lignes fortifiées séparant les alliés de la ville de Rome, se situait le long de la rive de la Liri occidental et du Garigliano jusqu'au Golfe de la Gaête.
L'attaque fut longuement préparée et fut couronnée de succès.
La réussite de cette percée marqua le début de la retraite ennemie et mérita au Régiment l'honneur de bataille LIGNE GUSTAV.
LIGNE HITLER
Le 19 mai 1944 à 06h30, le Royal 22e Régiment et le Carleton and York Regiment s'élancent à l'attaque de la Ligne Hitler contre les objectifs de la Route Aquino et Pontecorvo. Malheureusement, une grande partie de l'artillerie, d'abord assignée à l'assaut, est tournée à l'appui de la poussée de la 78e Division contre Aquino. Considérant que l'appui de l'artillerie n'était pas suffisant pour les deux bataillons, le brigadier-général Bernatchez arrête l'avance du Carleton and York et décide de continuer l'assaut avec uniquement le Royal 22e Régiment. Les hommes du Régiment se trouvent à 1,8 km au sud d'Aquino et ils n'ont pas encore atteint l'objectif. Au début, le déplacement des troupes est dissimulé par de hautes broussailles, mais lorsqu'elles débouchent dans les champs à découvert, elles essuient le tir incessant des mitrailleuses. Au cours de la matinée, une compagnie se fraye un chemin jusqu'à 40 mètres des barbelés où elle tombe sous un feu nourri de mortiers. A deux heures, le lieutenant-colonel Allard reçoit l'ordre de rompre le contact avec l'ennemi. Le bataillon subit 57 tués ou blessés. Il aura l'occasion de se reprendre. Le Haut commandement a compris que seule une attaque de division viendrait à percer la ligne.
L'heure H est fixée à 06h00 le 23 mai, le Royal 22e Régiment, ayant servi comme force de reconnaissance de combat le 19 mai, sera versé à la réserve divisionnaire. Vers 17h00 et après d'âpres combats, la ligne Hitler est percée. Le Royal 22e Régiment reçoit alors la tâche d'élargir la brèche et d'exploiter le succès remporté et venger son échec du 19 mai. Les obus du contre-barrage tombent drus autour des troupes. Heureusement, il n'y a aucun tir d'armes portatives. A 21h15, le Royal 22e Régiment a exploité la brèche et ouvert cette dernière sur un peu plus de 1,6 kilomètres de large. Au cours du nettoyage, il a recueilli plusieurs prisonniers, un matériel considérable et en entrant dans un poste de commandement a saisi tout près de vingt Croix de fer non encore décernées.
Grâce au courage et aux sacrifices de tant d'officiers, sous-officiers et soldats, cette bataille a mené à la rupture de la ligne Hitler. Le Royal 22e Régiment se mérita l'honneur de bataille LIGNE HITLER.
LIGNE GOTHIQUE
L'avance et la percée de la ligne Gothique par le 1er Corps d'armée canadien, dont faisait partie le Royal 22e Régiment, a débuté le 26 août 1944, pour se terminer avec le plus vif succès le 3 septembre 1944.
Au cours de cette longue offensive contre la ligne Gothique, le Royal 22e Régiment s'illustra dans la prise de Borgo Santa-Maria, de la côte 131, du passage du Marano, prise de San Martino et ses exploits à San Fortunato. Ces batailles furent morbides et dures.
Le Royal 22e Régiment subit 56 morts, 174 blessés et 2 disparus au cours de ces engagements.
Grâce au courage et aux sacrifices de tant d'officiers, sous-officiers et soldats, ces batailles ont mené à la rupture de la ligne Gothique. Le Régiment se mérita l'honneur de bataille LIGNE GOTHIQUE.
BORGO SANTA MARIA
Le 31 août 1944, le Royal 22e Régiment reçoit l'ordre du brigadier Bernatchez de prendre Borgo Santa Maria après plusieurs pertes importantes du West Nova Scotia Regiment les 19 et 30 août 1944.
La nouvelle tentative comprenait quatre phases, soit :
(1) Le déblaiement de trois sentiers dans le champ de mines par la 4e Compagnie de Génie, soutenue par les mitrailleurs du peloton de chenillette.
(2) L'attaque du point 113 par la compagnie B et progression en direction nord-est jusqu'à la route de Pozzo Alto.
(3) Prise de Borgo Santa Maria.
(4) Assaut de la Côte 131 par la compagnie D.Le 1er septembre, après avoir traversé un champ de mines et s'être battu avec acharnement pour le point 113, le Régiment occupa tous ses objectifs y compris le mieux défendu, soit le Borgo Santa Maria. Le Régiment dénombra 6 morts et 24 blessés.
Cette opération valut au Royal 22e Régiment l'honneur de bataille BORGO SANTA MARIA.
SAN FORTUNATO
Le 19 septembre 1944, le Royal 22e Régiment reçoit l'ordre de prendre le massif de San Fortunato qui s'élève abruptement à 125 mètres au-dessus de la contrée. C'est un poste d'observation idéal pour l'artillerie ennemie. Son importance tactique est connue, tant du côté allié que du côté allemand, sa prise par les alliés ouvrait la route vers les plaines de Pô et la perte de la ville de Rimini pour les Allemands.
Les hommes avancent malgré le feu soutenu de l'ennemi. Cette manœuvre s'effectue si rapidement que l'ennemi se voit infliger de lourdes pertes. Au cours de la nuit, les compagnies consolident leurs positions afin d'être prêtes à repousser toute contre-attaque. La prise de San Fortunato est un franc succès. Malheureusement, le Régiment eu à déplorer 7 tués et 48 blessés.
Ces hauts faits d'armes permirent au Royal 22e Régiment de mériter l'honneur de bataille SAN FORTUNATO.
PASSAGE DU LAMONE
Le 6 décembre 1944 à 23h00, la 3e Brigade canadienne doit traverser la rivière Lamone et établir une tête de pont sur la rive opposée. Le Royal 22e Régiment est en réserve et doit être prêt à intervenir sur n'importe quel point du front de la brigade.
Les pluies retardent l'attaque de 72 heures. Enfin, le 9 décembre à 23h00, la 3e Brigade se lance à l'assaut et établit sa tête de pont. Deux jours plus tard, profitant de l'obscurité, le Royal 22e Régiment traverse la rivière et agrandit la tête de pont. A la suite d'une lutte acharnée, les troupes du Royal 22e Régiment avancent et pratiquent une brèche entre deux importantes unités ennemies. La lutte dans ce secteur dure deux jours et l'ennemi se retire à l'ouest de la rivière Senio.
Le Royal 22e Régiment engage la poursuite et s'établit sur la rive est. Le régiment occupera cette position jusqu'à ce qu'il soit retiré pour aller se joindre à la 1ière Armée canadienne dans le Nord-Ouest de l'Europe en février 1945.
La campagne d'Italie est terminée. Suite à cette longue campagne où les membres du Royal 22e Régiment s'illustrèrent par leur courage, et le Royal 22e Régiment se mérita l'honneur de bataille PASSAGE DU LAMONE.
LIGNE RIMINI
En septembre 1944, le Royal 22e Régiment se voyait confier de nombreux objectifs lors de la percée de la Ligne Rimini. L'objectif principal de cette ligne fut sans contredit la conquête de San Fortunato. Lors de ces batailles, pour s'approprier la Ligne Rimini, le Régiment connut de nombreuses pertes de vie et compta plusieurs blessés. Mais les réactions rapides et fermes de nos soldats infligèrent de nombreuses pertes humaines aux Allemands en plus de compter plus de 60 prisonniers et la capture de nombreuses armes de tous calibres.
Nos valeureux combattants se méritèrent l'honneur de bataille LIGNE RIMINI.
SAN MARTINO-SAN LORENZO
A la tombée de la nuit, le 15 septembre 1944, le Royal 22e Régiment se met en marche. Le plan prévoit une profonde pénétration dans les lignes ennemies. Le point de départ est la rive nord de la rivière Marano et l'objectif est le pied des crêtes de San Martino et San Lorenzo. En cours de route, rien ne devait retarder l'avance, pas même les blessés. Ce serait dur, mais c'était la seule façon d'accomplir la mission. Après de durs combats et avec de lourdes pertes, le Royal 22e Régiment occupe les crêtes de San Martino et San Lorenzo ouvrant ainsi la route vers Rimini.
Cette longue et pénible occupation valut au Royal 22e Régiment les honneurs de bataille SAN MARTINO-SAN LORENZO.
CESENA
Du 19 octobre au 29 octobre 1944, le Royal 22e Régiment poursuivit l'ennemi à travers Cesena. Les mouvements devenaient plus difficiles et exigeaient de plus grandes précautions. Le Régiment put traverser la voie ferrée grâce à un écran de fumée et se heurta à environ 1,6 kilomètres plus loin à un détachement ennemi qui tenait un hameau.
La mission du Régiment dans ce secteur touchait à sa fin, le Royal 22e Régiment était resté en contact avec l'ennemi pendant 10 jours. L'ennemi fut vaincu.
Grâce au courage, à la détermination et au sacrifice ultime de nos soldats, le Royal 22e Régiment se mérite l'honneur de bataille CESENA.
ITALIE 1943-1945
Terminée le 17 août 1943 par l'entrée des troupes Alliées dans Messine, la conquête de la Sicile mit fin à la première phase de la lutte entreprise par l'Angleterre contre l'Italie le 10 juin 1940.
Déplacement de troupes pendant la campagne d'Italie.Le débarquement en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, jumelé à la chute de Mussolini le 24 juillet 1943, constituèrent les deux épisodes décisifs de cette campagne. Le 3 septembre 1943, les Italiens signèrent un armistice qui équivalait à une reddition sans condition. Les Alliés n'en seront pas moins forcés de faire la conquête de l'Italie village par village.
Pendant plus de 20 mois, de septembre 1943 à avril 1945, le Royal 22e Régiment a partagé la gloire, les dangers et les misères de la dure campagne d'Italie. Les soldats du Régiment se sont illustrés partout et surtout à Casa Berardi où, le 14 décembre 1943, le capitaine Paul Triquet se mérite la Croix Victoria. Malheureusement, plusieurs valeureux tombèrent au champ d'honneur.
Pour ses exploits, le Royal 22e Régiment se mérite l'honneur de bataille ITALIE 1943-1945.
APELDOORN
Entre les 12 et 17 avril 1945, le Royal 22e Régiment traversa la rivière Yssel en Hollande. Les Allemands y étaient solidement retranchés dans une forêt à travers laquelle passaient plusieurs routes et divers sentiers qui facilitaient les embuscades.
L'armée allemande réalise que la capitulation est proche mais n'accepte toujours pas de laisser un morceau de terrain si chèrement acquis. Par contre, le Régiment se verra devant un ennemi à la fois imprévisible, car parfois l'ennemi se battra avec force, alors que dans d'autres occasions c'est l'abandon des armes. Situation dangereuse et complexe pour nos combattants. Pendant ces combats, le Régiment fera de nombreux prisonniers et comptera plusieurs morts et blessés.
Par sa détermination et ces hauts faits d'armes, le Royal 22e Régiment se mérita l'honneur de bataille APELDOORN.
NORD-OUEST DE L'EUROPE 1945
Le 16 mars 1945, le Royal 22e Régiment quitte l'Italie pour le Nord-Ouest de l'Europe. Un autre champ de bataille attendait les héros du Fer à Cheval, de Catenanuova, de Casa Berardi, des lignes Hitler et Gothique ainsi que de San Fortunato. Le Régiment participera à la libération de la Hollande.
Une brève pause lors de la campagne de Nord-Ouest de l'Europe, en Hollande, en 1945.Pendant cette campagne, les pertes furent nombreuses et elles s’établirent à 15 morts et 61 blessés.
Ces hauts faits d'armes méritent au Royal 22e Régiment l'honneur de bataille NORD-OUEST DE L'EUROPE 1945.
1. Colonel C. P. Stacey, L'Armée canadienne 1939-1945: résumé historique officiel, Ottawa, Edmond Cloutier, Imprimeur du Roi, 1949, p. 1.