Honneurs de batailles de la Première Guerre mondiale

Le 4 août 1914, le Canada entre en guerre à côté de l'Angleterre contre l'Allemagne.  Le 21 octobre 1914, le 22e Bataillon (canadien-français) est formé à partir de volontaires dont plusieurs proviennent de régiments de la milice francophone et est intégré au sein de l'Armée canadienne.  D’octobre 1914 à mars 1915, l'entraînement s'effectue à St-Jean, près de Montréal.  À la demande du premier commandant du 22e Bataillon, le colonel F.X. Gaudet, l'unité est envoyée à Amherst (N.É), au mois de mars 1915, afin de poursuivre son entraînement, loin des tumultes de la grande ville de Montréal.  En mai 1915, le 22e Bataillon (canadien-français) s’embarque sur le Saxonia pour l’Angleterre. Dès septembre 1915, il monte en ligne dans le secteur des Flandres au sein de la 5e Brigade de la 2e Division d'infanterie canadienne.  Au cours de ses 38 mois de combats, le 22e Bataillon (canadien-français) est engagé dans la plupart des importantes phases du conflit, et ce, jusqu'à la signature de l'Armistice le 11 novembre 1918. 

Le 22 septembre 1929, le 22e Bataillon (canadien-français) alors connu sous le nom de Royal 22e Régiment se voit attribuer officiellement ses 18 honneurs de batailles qu'il avait mérités à la suite des combats célèbres menés au cours de cette guerre. 

Ces honneurs sont : MONT-SORREL, SOMME 1916-1918, FLERS COURCELETTE, Thiepval, les Hauteurs de l'Ancre, VIMY 1917, Arleux, Scarpe 1917-1918, côte 70, YPRES 1917, PASSCHENDAELE, ARRAS 1917-1918, AMIENS, Canal du Nord et Ligne Hindenburg, CAMBRAI 1918, FRANCE ET FLANDRES 1915-1918, et Poursuite de Mons.

Le règlement veut que seulement dix de ces honneurs soient inscrits dans les plis de notre drapeau régimentaire, ils sont identifiés ici en lettres majuscules grasses et font l'objet d'un narratif aux pages subséquentes.

Les faits d'armes au crédit du 22e Bataillon (canadien-français) au cours de la Première Guerre mondiale furent nombreux et glorieux.  Les fiers soldats du Bataillon se virent attribuer un total de 352 décorations dont deux Croix Victoria décernées au caporal Joseph Kaeble en juin 1918 et au lieutenant Jean Brillant en août 1918.  Le 22e Bataillon (canadien-français) a plus d'une fois payé chèrement sa part de gloire.

PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

 

 OFFICIERS

SOUS-OFFICIERS
ET
SOLDATS

 TOTAL

 EN SERVICE AU RÉGIMENT

244

5 675

5 919

 MORTS AUX COMBATS OU DES SUITES DES COMBATS

32

1 042

1 074

 BLESSÉS AUX COMBATS

105

2 782

2 887

 TOTAL MORTS ET BLESSÉS

137

3 824

3 961*

*SOIT 67% DE L’EFFECTIF AU SERVICE DU RÉGIMENT AU COURS DE CE CONFLIT


MONT-SORREL

Le 15 juin 1916, le 22e Bataillon occupe et tient Mont-Sorrel. Le paysage de cette bataille est macabre.  Des morts, des blessés dans la boue, des tranchés bâties en sacs de sable au-dessus du sol s’écroulent sous des avalanches de mitraille en ensevelissant les occupants, les blessés se noient dans l'eau qui est partout dans le champ de bataille.  Les bombardements ont eu pour effet de déterrer les morts des combats précédents.

Les bombardements et les attaques de l'ennemi ne cessent de se répéter.  Nos braves du 22e Bataillon savent qu'ils ne peuvent pas lâcher prise car cette position est jugée stratégique.

Cette grande bataille menée dans la gloire coûta au 22e Bataillon plus de 141 tués ou blessés et lui valut l'honneur de bataille MONT-SORREL.


SOMME 1916-1918

La bataille de la Somme a duré de juillet à novembre 1916.  Au cours de cette période, le 22e Bataillon a conduit des attaques d'envergure et occupé à plusieurs reprises des positions défensives dans la région de la Somme. La bataille de la Somme comptait trois objectifs, soit dégager Verdun, maintenir le gros des troupes allemandes sur le front de l'Ouest et user ses forces.


Les hommes se préparent à l'assaut. Somme, 1916-1918.

De Péronne à Amiens, la Somme coule vers l'ouest dans une large vallée qui fait partie de la grande plaine du nord de la France.  L'accident topographique éminent du champ de bataille était l'arête basse, longue de 13 kilomètres qui s'étendait de Thiepval à Ginchy.  Haute de 175 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle dominait les hautes terres au nord-est et formait la ligne de partage des eaux entre la Somme et l'Ancre, son tributaire.

Les deux premiers mois de combats avaient coûté près de 200 000 hommes aux Britanniques et plus de 70 000 aux Français.  

Au cours de la bataille de la Somme, le 22e Bataillon se distingue lors de la prise de Flers-Courcelette, de Thiepval et des hauteurs de l'Ancre.

Sur la Somme, les Canadiens avaient perdu 24 029 hommes.

Ce haut fait d'arme mérite au 22e Bataillon l'honneur de bataille SOMME 1916-1918.


FLERS-COURCELETTE

Le 15 septembre 1916, le 22e Bataillon reçoit l'ordre d'attaquer Courcelette. Ça sera l'une des plus grandes attaques du Bataillon.

«...ce village, nous allons le prendre, et quand  nous l'aurons pris, nous le garderons jusqu'au dernier homme. C'est notre première grande attaque; il faut qu'elle soit un succès pour l'honneur de tous les Canadiens français que nous représentons en France».

Après plusieurs jours d'âpres combats, le Bataillon atteint son objectif mais subit de lourdes pertes. 

Des 23 officiers et 900 hommes lancés à l'assaut, seulement 6 officiers et 118 hommes revinrent indemne.

Ce haut fait d'armes mérite au 22e Bataillon l'honneur de bataille FLERS-COURCELETTE.


THIEPVAL

Les ordres d'opérations insistaient sur la nécessité de chasser les Allemands de la crête de Thiepval, tant pour cacher à l'ennemi nos installations de l'arrière sur les pentes sud qui descendaient jusqu'à Albert, que pour acquérir des points d'observations sur la vallée de l'Ancre supérieure.  Les défenses que les Canadiens devaient anéantir se nommaient les tranchées Zollern, Hessian et Régina et de l'embranchement de cette dernière, la tranchée Kénora. Le 22e Bataillon s'était vu assigner la tranchée Régina.  Cependant, l'objectif de la tranchée Régina représentait pour le 22e Bataillon un deuxième objectif qui suivait de peu de temps la bataille de Courcelette.  C'est avec un effectif réduit et exténué que le 22e Bataillon chargea cette tranchée. 

La tâche assignée au 22e (moins une compagnie) mais ayant à sa disposition 160 hommes du 26e Bataillon était double :

(1)        Saisir et consolider la tranchée Régina entre les routes Miraumont Est et Miraumont Ouest ; et

(2)        Défendre contre toute attaque et à tout prix le village de Courcelette.

Le 1er octobre 1916, à 15h15, les deux premières vagues sautent le parapet.  Les troupes suivent de très près le barrage d'artillerie.  Chaque compagnie compte à peine 80 hommes.  La troisième vague, déjà rassemblée dans la tranchée principale, saute le parapet à son tour.  Elle est aussitôt remplacée par les 60 hommes du bataillon de soutien.  L'attaque était rendue à mi-chemin de l'objectif lorsque l'ennemi déclencha un violent barrage d'artillerie, de mitrailleuses et de mousqueterie.  Malgré de terribles pertes, les survivants dans chaque vague continuent vers l'objectif.  Après un combat acharné à la bombe et à la grenade, le restes des assaillants, se voyant débordés par l'ennemi de plus en plus nombreux, se retirent sur les tranchées de départ.  Un certain nombre des nôtres avaient sauté dans la tranchée Régina et se battaient comme des lions, mais l'ennemi ne cessait de lancer des nouvelles troupes dans la mêlée.  Il n'y avait aucun renfort disponible, ni au bataillon de soutien, ni à la brigade.  Accablé par le nombre, le 22e Bataillon recule pas à pas.  Il lui fallut retraverser le réseau de barbelé battu à feux croisés par les mitrailleuses.

Régina !  Ce fut la seule fois que le 22e Bataillon rata l'objectif, ce qui ne devait pas étonner personne puisque, contre l'avis de tous, on imposa l'attaque de la tranchée Régina. 

Cette longue bataille coûta 339 morts et blessés au 22e Bataillon et mérita l'honneur de bataille THIEPVAL.


LES HAUTEURS D'ANCRE

Du 15 octobre 1916 au 21 janvier 1917, le 22e Bataillon occupa une position défensive dans le secteur d'Ancre.  Bombardements ennemis, guerre de tranchées et raids fréquents, telles furent les activités du Bataillon durant cette période.

Une des activités d'Ancre qui marqua le plus ces mois de batailles fut l'emploi de gaz asphyxiants, un procédé des plus meurtriers.  L'ennemi lança des dragées empoissonnées à toutes heures et dans toutes les directions.  Ces bombardements silencieux, d'autant plus fatals, ne purent venir à bout du 22e Bataillon.

Pour la détermination et l'acharnement dont firent preuve les membres du 22e Bataillon, ils se méritèrent l'honneur de bataille LES HAUTEURS D'ANCRE.


VIMY 1917

Le 9 avril 1917, lors de l'attaque de la Crête de Vimy par le 11e Corps canadien, le 22e Bataillon suivit les troupes d'assaut à 15 mètres derrière et nettoya les tranchées ennemies à la pointe de la baïonnette.  Le Bataillon captura cinq mitrailleuses et fit plus de 500 prisonniers qui furent escortés au parc divisionnaire.


Des Allemands se rendent aux Canadiens lors de l'attaque de la crête de Vimy, 1917.

Durant sa participation à différents engagements dans ce secteur, le 22e Bataillon compta 26 tués et 84 blessés.

Au même titre que la bataille de Flers-Courcelette, ceci établissait la renommée du 22e Bataillon aux yeux de la population canadienne.  La Bataille de la Crête de Vimy établissait la renommée de l'Armée canadienne auprès de la communauté internationale.  En fait, il s'agissait de la première attaque d'envergure de l'Armée canadienne.

Ce haut fait d'armes mérita au 22e Bataillon l'honneur de bataille VIMY 1917.


ARLEUX

Le 28 avril 1917, le 22e Bataillon occupa une position dans le secteur d'Arleux.  Le soir du 28 avril, l'ennemi bombardait copieusement ses positions avec des obus à gaz, ce qui nécessitait le port de masque à gaz en tout temps.

Le 6 juillet 1917, le Bataillon s'accrochait, malgré les bombardements qui faisaient rage depuis 24 heures, sur la ville de Levin.  Le soir, le 22e Bataillon  est relevé par le 26e.  Les «22 » retournent en réserve de brigade à Ancre, après plus de trois mois dans le secteur d'Arleux à subir les bombardements et les attaques répétées de l'ennemi.

Cette longue bataille coûta 20 morts et 41 blessés au 22e Bataillon et mérita l'honneur de bataille ARLEUX à ces courageux soldats.


SCARPE

Les Canadiens, ayant enlevé la crête de Vimy, une véritable forteresse s'était répandue dans la plaine.  Les Allemands s'étaient repliés sur leur deuxième ligne de défense.  Très forte et défendue par de profonds réseaux de fils barbelés, leur position décrivait un arc devant les villages D'Avion, de Méricourt, de Rouvroy, d'Acheville, de Fresnoy, d'Arleux-en-Gohelle et d'Oppy.  Le 22e Bataillon occupe en profondeur le secteur allant du talus du chemin de fer Lens-Arras aux carrières de Mont-Forêt, sur la route d'Acheville.  Mis à part une attaque sur le village de Fresnoy, les hommes du 22e Bataillon resteront terrés le jour et serviront comme hommes de corvée pour le réapprovisionnement sur le front.  Au cours de cette période, le 22e Bataillon subit d'interminables bombardements d'artillerie qui causeront de nombreux morts et blessés.  La troisième bataille de Scarpe était le prélude de la Côte 70.

Pour le courage et l'ardeur au combat des membres du 22e Bataillon au cours de la troisième bataille de la Scarpe, le 22e Bataillon se mérita l'honneur de bataille SCARPE.


CÔTE 70

Le 15 août 1917, le 22e Bataillon est appelé à participer à la prise de la côte 70, élévation qui dominait la ville flamande de Lens et commandait la vue de la plaine de Douai. En septembre 1915, les Anglais avaient pris la côte 70 mais ils n'avaient pu la tenir. Par conséquent, occupée par les Allemands, la côte 70 constituait le dernier obstacle à l'encerclement du secteur français.  L'assaut fut donné par les 1ière et 2e Divisions canadiennes le 15 août 1917.  Grâce à la préparation minutieuse dont elle avait été entourée, l'attaque réussit.

Encore une fois, le 22e Bataillon travailla de pair avec le 25e Bataillon.  Ils s'emparèrent ensemble du premier objectif appelé ligne bleue, tandis que les 24e et 26e Bataillons les dépassaient pour prendre le suivant désigné sous le nom de ligne rouge.  Les positions étant prises, il fallait les tenir.

Les Allemands connaissaient l'importance stratégique de la côte 70 et montrèrent beaucoup de détermination dans leurs efforts pour la reprendre.  Les contre-attaques se succédèrent pour atteindre le nombre de 21 en trois jours.

Le Grand Quartier général considéra cette victoire comme un des plus beaux exploits de guerre. Géographiquement, la côte 70 n'était pas une crête de Vimy.  Cependant, elle ne changea plus de main pendant la guerre.

Après sept jours de combats, le Bataillon est relevé avec 39 tués et 213 blessés.

Pour le courage et l'ardeur au combat des vaillants du 22e Bataillon au cours de l'attaque de la côte 70, le 22e Bataillon se mérita l'honneur de bataille CÔTE 70.


YPRES 1917

Au début de novembre 1917, le 22e Bataillon se retrouve au sud-est près de Passchendeale.  Passchendaele, exemple caractéristique du village de carrefour flamand, a donné son nom à toute une campagne même s'il ne s'applique officiellement qu'aux deux dernières des huit batailles qui constituent la campagne d'Ypres 1917.  La situation dans ce secteur est effroyable.  Le Bataillon vit la réalité où il a jadis subit de cruelles pertes.  Les pluies d'automne ont transformé ce secteur en marécage.  Là, le Bataillon se distingue une fois de plus en prenant beaucoup de terrain malgré les obstacles naturels. En alternance avec les 24e, 25e et 26e Bataillons, ils échangent la première ligne après un va‑et‑vient de relèves accomplies au milieu de bombardements particulièrement violents et autres difficultés de même ordre, comme des pluies diluviennes.

Durant cette période qui nécessitait beaucoup de volonté de corps et d'esprit, plusieurs hommes sont morts sans avoir été victimes du feu, ils se sont noyés.  Grâce à ce courage inébranlable, les hommes du 22e se méritent l'honneur de bataille YPRES 1917.


PASSCHENDAELE

Le 6 novembre 1917, le 22e Bataillon participe à la prise du village de Passchendaele.  Près de la moitié du secteur situé devant Passchendeale est recouvert d'eau ou de boue épaisse. 


La boue des Flandres s'avéra un piège mortel pour beaucoup de soldats. Passchendaele, 1917.

Le 22e Bataillon est en réserve dans Pozière, ce qui lui vaut d'être bombardé copieusement.  Au cours de la nuit du 7 au 8 novembre, il reçoit l'ordre de relever la 6e Brigade.  L'aviation ennemie s'efforce d'empêcher la montée des renforts et bombarde intensément le Bataillon qui fait face à plusieurs contre-attaques ennemies.

La bataille de Passchendaele coûte au Bataillon 17 morts et 60 blessés.

La bravoure et la détermination méritent aux membres du 22e Bataillon l'honneur de bataille PASSCHENDAELE.


ARRAS 1917-1918

Le 23 mars 1918, le 22e Bataillon, qui était au repos à Auchel, est envoyé au sud d'Arras, dans le secteur de Neuville-Vitasse-Mercatel.  Le Bataillon y restera jusqu'en juillet.  Les Allemands venaient d'enfoncer les lignes anglaises.

Au cours de cette période, les hommes occupent des tranchées très rudimentaires qu'ils creusent la nuit tout en posant du fil barbelé en avant dans la zone confrontée.  Pendant le jour, les hommes se tiennent silencieux, dans des fossés qui ont moins d'un mètre de profondeur, assaillis sans cesse par des bombardements ennemis et des raids de part et d'autres.

Au cours de cette période, le Bataillon participe à des raids et à des attaques limités dans son secteur.  Le 22e Bataillon y perd plus de 42 et 160 blessés.


AMIENS

Le 8 août 1918, le Bataillon participe à la prise d'Amiens par le Corps d'armée canadien.  En fait, il s'agissait de regagner le terrain perdu en mars par l'Armée anglaise.  Dans le cadre de cet objectif global, la mission initiale du Bataillon est le nettoyage de la ville de Wiencourt-L'Équipée.  Par la suite, le Bataillon se verra attribuer comme objectif principal le village de Chilly. Pour ce faire, il devra saisir les villages de Vrély et de Méharicourt.

Le 22e Bataillon avait à sa disposition pour cette offensive sept chars d'assaut.  Ceci devait être le début de la grande offensive qui allait mettre fin à la guerre.  C'est au cours de cette bataille que, le 9 août 1918, le lieutenant Jean Brillant se mérita, pour sa bravoure, la Croix Victoria.  En dépit de trois blessures graves, il fit preuve d'une habilité et d'une initiative extraordinaires afin de saisir deux nids de mitrailleuses et un canon de campagne.  Ses actions permirent la capture de 15 mitrailleuses et 150 prisonniers. 

Au cours de cette bataille, le 22e Bataillon a perdu 7 officiers et 262 hommes.

Par la détermination et la ténacité dont ont fait preuve ses membres, le 22e Bataillon se mérite l'honneur de bataille AMIENS.


CANAL DU NORD-LIGNE HINDENBURGH

Le succès de l'offensive d'Amiens a convaincu le maréchal Sir Douglas Haig, Commandant-en-chef des troupes expéditionnaires anglaises, qu'il est temps de lancer une attaque globale contre l'ennemi qui "sent approcher la fin".  Il fallait briser la ligne Hindenburg et ouvrir la route vers l'Allemagne en passant par le Canal du Nord.

Le 28 août 1918, le 22e Bataillon perça les lignes ennemies à Chérisy au prix de lourdes pertes.  Pendant l'opération, le 22e Bataillon perd tous ses officiers dont le commandant, le lieutenant-colonel A. Dubuc.  Pendant cette même opération, le major Georges-P. Vanier perd une jambe.  Lorsque le dernier officier, le capitaine Albéric Marin, médecin du bataillon fut blessé, le sergent-major Jos Pearson prend alors le commandement et poursuit le combat.  Au moment de la relève le 29 août, il ne restait que 39 des 700 hommes avec lesquels le 22e Bataillon était passé à l'attaque.

En plus de se voir attribuer l'honneur de bataille CANAL DU NORD, le 22e Bataillon se mérita, au cours de cette même opération, l'honneur de bataille LIGNE HINDENBURG.

Le 8 juin, le caporal Joseph Keable se mérite la Croix Victoria en repoussant un assaut de l'ennemi sa mitrailleuse Lewis en main.  À ce moment, tous les hommes de sa section, sauf un, sont morts ou blessés.

Après avoir été atteint à plusieurs reprises par des éclats d'obus et de grenades, il continue à tirer et arrête carrément l'avance ennemie.

Grâce à ce courage inébranlable, les hommes du 22e se méritèrent l'honneur de bataille ARRAS 1917-1918.


CAMBRAI 1918

Le 10 octobre 1918, le 22e Bataillon occupe les faubourgs de Cambrai et envoie plusieurs patrouilles dans la ville.

Pendant la journée du 8 novembre, l'avance continu en dépit d'une opposition constante qui est brisée partout.  Jour et nuit et sans relâche, les troupes progressent, capturant une centaine de prisonniers et libérant des milliers de civils.

Le 11 novembre, l'armistice est signé.  L’ennemi dépose les armes, la guerre est finie !  L'ennemi a déserté la ville, c'est l'entrée triomphale.

Pour sa détermination au combat et le désir de vaincre, le 22e Bataillon se mérite l'honneur de bataille CAMBRAI 1918.


FRANCE ET FLANDRES 1915-1918

Du 17 septembre 1915 au 11 novembre 1918, le 22e Bataillon participe à la majorité des engagements importants, dont St-Éloi en mars et avril 1916, Ypres en juin 1916, la Somme et Courcelette en septembre et octobre 1916, Vimy en avril 1917, Lens en août 1917, Passchendaele en novembre 1917, Arras en mars, Amiens et Chérisy en août 1918 et finalement Cambrai en septembre 1918.

Au cours de ces combats, le Bataillon fait des milliers de prisonniers, s'empare d'une centaine de canons et mitrailleuses et reprend à l'ennemi une étendue considérable de territoire.

Ces hauts faits d'armes méritent au 22e Bataillon l'honneur de bataille FRANCE ET FLANDRES 1915-1918. 


POUSSÉE DE MONS

Le matin du 7 novembre 1918, le 22e Bataillon attaque et prend le village de Quiévrain situé à 18 kilomètres de Mons.  La population civile est considérable.  Malgré les balles et les obus qui pleuvent, elle est dans les rues pour souhaiter la bienvenue aux vainqueurs.  L'avance a été de plus de cinq kilomètres et les Canadiens se trouvent en Belgique.  Pendant la journée du 8 novembre, l'avance continue en dépit d'une opposition constante qui est brisée partout.  Jour et nuit sans relâche, les troupes progressent.  D'autre part, durant les deux derniers jours, la 5e Brigade d'infanterie canadienne, dont faisait partie le 22e Bataillon, a exécuté une avance de plus de 15 kilomètres perdant plus de 200 hommes et faisant une centaine de prisonniers.
           
Le 10 novembre, le 22e Bataillon se trouve à neuf kilomètres au sud-ouest de Mons et les Allemands se battent encore mais en retraite.  De plus, c'est à 23h00 que les membres du 22e Bataillon apprennent que l'armistice sera en vigueur à compter de 11h00 le 11 novembre 1918.

C'est alors qu'un détachement du 22e Bataillon de 60 hommes et 2 officiers prennent part le 15 novembre 1918 à l'entrée officielle des Canadiens à Mons, suivi de la marche à pied sur l'Allemagne.  Le 22e Bataillon est alors accueilli partout avec enthousiasme par la population Monsoise en délire qui couvre nos soldats de fleurs.

Suite à cette bataille, pour le courage et l'ardeur au combat de ses membres, le 22e Bataillon se mérita l'honneur de bataille POUSSÉE DE MONS.


1. Journal du brigadier-général Tremblay, extrait de Gagnon (1986), op. cit., p. 268.