Un Castor au quartier-général de la 1ère Division aérienne du Canada

Par Colonel Michel-Henri St-Louis
Chef d’état-major 1ère Division aérienne du Canada
18 novembre 2011

Dans la dernière semaine, lorsque tous les officiers généraux canadiens de la 1ère Division aérienne du Canada (1 DAC) sont partis de Winnipeg pour des visites ou des réunions, ils ont laissé pour la première fois de l’histoire de ce quartier-général (QG) un castor aux commandes.  En fait, depuis mon retour de congé de l’Afghanistan et suite à notre déménagement, je me retrouve comme chef d’état-major de ce QG, et dans le cadre de ces fonctions, la chaîne de succession à fait en sorte que les 11 escadres opérationnelles de l’aviation royale du Canada (ARC) étaient brièvement sous la direction d’un fantassin cette semaine, qui aurait cru cela possible !


Le quartier-général à Winnipeg

La 1ère DAC placée sous le Commandement aérien, est responsable, depuis sa création en 1983, des opérations aériennes des Forces canadiennes. En exerçant son commandement sur les 11 escadres opérationnelles de l’ARC, ce QG doit œuvrer à travers tout le territoire canadien et synchroniser la livraison de la  puissance aérienne. Elle est également responsable de la région canadienne du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord. Elle est commandée par le major-général Alain Parent, ancien pilote de l’aviation tactique et ancien commandant adjoint du Commandement expéditionnaire du Canada. 

Ce QG opérationnel est aussi le responsable pour la Région canadienne du NORAD (RC NORAD). À partir de son Centre multinational d'opérations aérospatiales (CMOA), il gère la défense de l’espace aérien canadien. Il peut mener de façon autonome des opérations de surveillance sur son territoire, mais doit être en mesure de répondre aux demandes opérationnelles provenant de Colorado Springs, le QG du NORAD.


Le 9 octobre dernier, lors de la partie d’ouverture entre les Jets de Winnipeg et le Canadien de Montréal. Le col St-Louis a
eu la chance d’être à bord un des deux CF-18 qui ont fait le survol du MTS Center.

À partir de Winnipeg, on exécute diverses tâches pour défendre l'espace aérien canadien, à savoir identifier et suivre les aéronefs qui pénètrent dans l'espace aérien du Canada, exercer le commandement et le contrôle opérationnels de toutes les forces de défense aérienne de la RC NORAD et des opérations qui appuient d'autres ministères et organismes gouvernementaux. La 1ère DAC est responsable de fournir à la RC NORAD des forces aériennes prêtes au combat pour que le Canada puisse honorer ses engagements à l'égard de la défense de l'Amérique du Nord et préserver la souveraineté de l'espace aérien du continent nord-américain. Les chasseurs CF-18 de la RC NORAD sont en alerte continue et prêts à intervenir pour protéger la sécurité du Canada et sa population contre toute agression aérienne.


Le Castor volant juste avant son départ en CF-18

Tout cet environnement est très différent de ce que je viens de vivre aux commandes d’une unité en Afghanistan, ou bien au sein de l’état-major de l’armée. Mais cela représente tout un défi. C’est surtout une belle occasion de me joindre à un groupe de professionnels qui ont récemment supporté la conduite des opérations au-dessus de la Libye, la fin de l’Opération Athéna et un soutien à la Jamaïque lors de la dernière saison des ouragans. Ce QG me permet de réaliser le travail gigantesque et journalier qui est accompli par les aviateurs pour contrer les menaces à notre souveraineté dans le grand nord, ou bien les efforts pour sauver des vies canadiennes qui sont en danger régulièrement. Ces efforts de recherche et sauvetage furent mis en lumière récemment par la mort du sergent Gilbert lorsqu’il participait au sauvetage de deux canadiens au large du Nunavut.

Nonobstant le fait que les températures de -150C sont déjà au rendez-vous à Winnipeg, l’opportunité de contribuer à une meilleure intégration de la force aérienne et de l’armée, d’apporter une optique différente aux défis de la division et de pouvoir bâtir sur nos récents succès en opérations, s’avère être une chance unique.

Je me souviens.